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 Guerre funeste

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Arkun

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MessageSujet: Guerre funeste   Mer 4 Fév - 13:57

Les paysans relevèrent la tête.

Tous élevés au sein de cette terre qu’ils cultivaient à longueur de journée, savaient lorsqu’elle gémissait. Et cette plainte là, c’était par deux fois qu’ils l’entendaient déjà.
Les regards se firent sombres, les traits des visages burinés comme du vieux cuir se durcirent. Le sol tremblait et l’horizon s’allumait des feux de la guerre…

~

Les cris. Tant ceux des humains que des animaux. Le bétail s’agitait en tout sens, en proie à cet instinct murmurant qui insufflait la peur dans els entrailles.

Sur la grande place la foute s’agite et se débat. Tous ont entendu la nouvelle, quand bien même personne n’écoutait l’avertissement qui montait des troupeaux.
La Waaaagh était en marche.

~

Ilmeck releva la tête et se passa rapidement la manche sur le front, faisant tinter les mailles sur le haut de son casque. Il affermit la prise sur sa hache et s’élança en avant. La lame en demi-lune vint frapper dans le large poitrail de l’orc, qui tourna la tête vers lui, son faciès marqué par la surprise. Au fond de ses yeux porcins venait de briller un éclair de souffrance. La bête s’effondra dans un gargouillement liquide.
Le soldat exécuta un puissant revers. L’acier siffla dans l’air avant de trancher la jugulaire d’une énième monstre, libérant une giclée d’un sang visqueux et lourd.
Ilmeck s’appuya sur le manche épais de son arme, à bout de souffle. Tout s’était passé si vite, trop vite. Il eu une pensée pour Elendra. Dire que les fiançailles auraient eu lieu dans trois lunes ne servait à rien. Juste à brouiller sa vue de quelques larmes supplémentaires.

Une douleur atroce lui vrilla le dos quand l’épieu ripa sur sa colonne avant de ressortir en brisant plusieurs cotes. Il hoqueta en s’emparant de la lance, le sourire déformé par la souffrance. Le sang bouillonna dans son palais, infestant sa bouche et son nez d’une saveur acre. Il ferma les yeux. Puisse-t-elle avoir fui par le lacet serpentant dans la plaine.

~

Il avait onze ans, et bientôt douze. Presque un homme, déjà. Son nom aurait du lui être donné dans quatre lunaisons. Le garçon était doué à la chasse, et encore plus à la pèche.
Il avait le nez aquilin, des yeux verts perçants que les filles adoraient et surtout une magnifique tignasse blonde, une véritable crinière aux reflets cendrés hérités de son grand père et que sa sœur ainée arborait aussi, avec ce charme cavalier qu’ont les femmes coiffés par deux coups de mains dans l’air du soir.

Pourtant il était à genoux, la poitrine soulevée par ses vomissements répétés de bile. Ca faisait un moment qu’il avait craché tout ce que son estomac avait ingurgité ce matin même, sous l’œil amusé et exaspéré de sa sœur.

Du charnier s’élevaient des relents de pourriture qui l’avaient saisis à la gorge à trois lieux à la ronde. Mais derrière ce fumet hideux flottait une putréfaction vivante, comme un brouillard invisible mais persistant.
Le senteur dégeulasse des orcs.

Il serra fort la main raidie aux doigts froids de sa sœur. Elendra aux cheveux de lin ne ferait plus jamais virevolter sa chevelure indisciplinés sous la pale clarté lunaire. Elle ne sourirait plus jamais au soleil, pas plus qu’à lui. Elle ne le réconforterait jamais plus en le saisissant par les épaules et en lui administrant une gifle magistrale, avant de lui hurler que ec n’était pas en restant assis qu’il changerait les choses.

Le souvenir fut à ce point vivace et chaleureux qu’il put l’entendre, crut même sentir sa poigne chaude dans son bras.

Alors il se leva, ses yeux d’un gris d’acier passés à l’éclat sinistre d’une détermination nouvelle.

La mort s’était abattue sur son village, comme sur tant d’autres…il répondrait au froids des limbes par le feu brulant de la vengeance.

~

L’homme bouscula à coups d’épaules quelques passants qui protestèrent pour al forme. La haute silhouette se découpa dans le ciel moribond lorsqu’il se dressa sur l’estrade, avant de repousser sa capuche.
L’homme s’avéra être un gosse. Un gosse au regard de tueur et au sourire terrifiant. Sa voix porta loin, grave et vibrante. Presque trop pour quelqu’un d’aussi jeune, songea le noble. Mais au fond de ces gris couvait un brasier infernal


« Hommes! »

La voix rauque et cassés du type, roulant comme une vague sur la grève.

«  Femmes ! »

Une douleur sourde suintait de ses mots.


«  Enfants ! »

Son regard se posa sur le noble, qui frémit. Seule une haine virulente se lisait dans ces yeux là.

«  Tous morts ! »

Deux mots qui frappèrent la foule avec la force d’un coup de tonnerre. Les passants s’arrêtèrent, figés. Livides.

« Ils sont venus comme une marée de vermines. Des troupeaux de rats qui ont infestés la campagne. J’ai marché pendant plus de deux semaines. Tout était calciné »

Il se passa la mains dans les cheveux, comme pour en chasser les cendres. Ses boucles dorés renvoyèrent des reflets agressifs.


« Le grain, l’herbe, la chair…même le vent s’était tut, gronda-t-il. Tous massacrés, abattus, empilés comme des jouets…rôtis et dévorés ! »

Sa voix se brisa encore plus, son regard devient plus rageur encore.

«  La plaine ne faisait que pleurer ses morts et ses fils et ses filles! La terre regrettait la guerre, les ruisseaux emportaient avec eux le murmure du carnage mais il y avait des hommes pour se battre et mourir! rugit-il. Ils ont combattus avec le cœur et ils sont morts pour leur terre, la lame enfoncé dans le ventre d’un orc et le regard rivé dans celui de l’assassin ! »

Le soleil chutait dans le ciel, colorant l’azur de miasmes pourpres.


«  Des usurpateurs en veulent à la plaines qui les rejettent, au sol qui les crache et à la terre qui les vomit…ces étendus, qui sont à nous! Qu’importe qui y était en premiers, nos ancêtres les ont conquises en versant le sang, ce sang qui à présent coule dans nos veines, qui hurle avec le vent et tempête avec les rivières! Ce feu ardent en nous, cette flamme qui brûle la raison et ne laisse plus qu’un champ de ruines…Allez! tonna-t-il. »

Ses bras se tendirent vers l’horizon ensanglanté où festoyaient les orcs. On aurait dit le spectre de la mort étendant ses mains meurtrières, un rictus féroce étira ses lèvres minces.

«  A la guerre… »
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