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 Vendre son âme aux Dieux

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Jagdpanther

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MessageSujet: Vendre son âme aux Dieux   Ven 6 Fév - 22:45

Chapitre I Une situation inquiétante

Soucieux, jagdpanther arpentait sa salle des trophées. Des kilomètres de murs ornés par des têtes de monstres empaillés. Ici un ogre, là une manticore, plus loin une gargouille suivit d’une branche. Une branche ? Jagdpanther stoppa net devant et, sans comprendre, fixa stupidement la branche qui décorait le mur craquelé.
Un léger coup frappé à la porte le sortit de sa torpeur.
- Entrez, ronchonna t-il.
Son intendant, un jeune cavalier squelette entra prudemment. Quand le chef avait cette voix, il fallait faire attention…
- je vous apporte les nouvelles du jour, mon seigneur.
- Avant de me barber avec cela, dit moi ce que fait cette branche sur mon mur ?
- Ben, c’est votre dernier trophée ?
- Une branche ?
- ben oui, les tréants maléfiques, c’est des arbres, non ?
- …..
- Ceci étant dit, je viens vous faire mon rapport. Votre guilde et votre nom sont trainés dans la boue par nos rivaux.
- Je sais, j’ai reçu des missives m’accusant d’avoir peur.
- là, ils vont encore plus loin, mon seigneur, ils…
- apprends une chose, ce que pensent les autres m’intéresse peu. laissons les croire ce qu’ils veulent si cela peut leur faire plaisir.
- mais seigneur ! ils bafouent votre honneur !
- Les chiens aboient, la caravane passe… Bon, en parlant de passer, passe à des choses moins futiles.
- Euh, oui… Alors un vent de colère souffle sur votre domaine, les femmes sont en colère aux portes des moulins, des bords des rivières au delta des fleuves…
- Tu me causes quoi, là ?
- j’ai pensé que vous mettre en chanson les mauvaises nouvelles les feraient paraître moins tristes…Le monde est plus marrant, il est moins désespérant en chantant !
- Tu me rappelles pourquoi je t’ai engagé ?
- Ben, … pour mes talents de barde ?
- tu veux en venir où là ?
- Ben, depuis que vos armées on été défaites par le mercenaire sans âme, le peuple s’inquiète.
- j’ai lancé une vaste campagne de recrutement !
- Sauf votre respect, je ris tout de suite ou j’attends d’être sorti ?
Jagdpanther n’eu même pas envie de lui faire deux têtes… ce qui, soit dit en pensant, relancerait les commerces des ateliers… La situation n’était effectivement pas bien brillante. Il lui fallait prendre conseil !
- Allez, appelle moi notre shaman ! j’ai besoin de lui !
- chef, sans vouloir vous vexer, vous perdez la mémoire, on n’a jamais eu de shaman dans notre guilde...
- Quoi ! La Waaagh a un shaman et pas nous !
- Ben oui…
- il me faut les conseils d’un érudit alors !
- un quoi ?
- Rappelles moi pourquoi je ne dois pas te décapiter ?
- euh, parce que je suis beau ?
- Arrêtes ton char et dis moi qui nous avons d’assez cultivé dans la guilde ?
- On a beaucoup de paysans…
- Ane bâté ! t’es tout juste bon à donner à ronger aux chiens !
D’un coup, Jagdpanther eu une illumination ! Son ami Darkpoet ! Il était le plus intelligent de la guilde ! D’ailleurs au dernier conseil, il avait réussi à faire deux phrases à la suite ! Et sans demander l’heure du repas dans la seconde !
- va me quérir le seigneur Darkpoet ! Dis lui que c’est urgent !
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Jagdpanther

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MessageSujet: Re: Vendre son âme aux Dieux   Sam 7 Fév - 22:34

Chapitre II Le ridicule ne tue pas, heureusement…

Quelques heures plus tard, un léger grattement à la porte alerta Jagd du retour de son intendant. le squelette entra dans la salle aux trophées, seul.
- Et bien, il est où ?
- Chef, je ne sais pas trop comment vous le dire…
- Dis moi juste où est Darkpoet ?
- C’est là le problème, il n’est pas là…
- mais qu’est ce qu’il t’a dis ?
- Je répète chef, mais ne tuez pas le messager ! je cite « dites à papy de continuer à jouer avec ses porte-jarretelles en cuir et qu’il me laisse tranquille. »
- QUOI ?????????
Fou furieux, le mort-vivant sortit en trombe de la pièce, s’empara en passant de son casque et dégringola à toute vitesse les escaliers. Tout en ce cognant dans une porte, il se dit que ce fichu casque lui couvrait trop les yeux, il n’y voyait goutte !
Rassemblé sur la place d’armes pour un entrainement avec des chevaux fantômes, une dizaine de cavalier liches virent leur chef débouler au milieu d’eux en écumant comme un sanglier enragé.
Toujours à moitié aveugle, Jagd avisa la monture la plus proche, éjecta son cavalier, enfourcha l’hideuse bête, donna un furieux coup de talon et…. rien. un nouveau coup de talon suivit d’une violente tape sur la croupe et …rien.
Un léger tiraillement sur le bas de ses guêtres le fit se pencher. Son intendant le fixait avec un sourire narquois.
- Euh, chef, comme vous dire ça sans que vous preniez la mouche…
- Que se passe t-il nom d’un orc mal léché ?
- Z’êtes sur un cheval en bois… z’avez enfourchez un cheval d’entraînement, un truc factice quoi !
- Euh, oui… Je le savais ! c’était pour montrer à ces bleus la bonne position sur un cheval !
- bien sur, bien sur, chef. Z’êtes un vrai pédagogue.
- Bon, trêves de persiflages ! Allez me chercher ma monture !
Quelques minutes plus tard, un palefrenier amena un magnifique manticore apprivoisé. Jagd enfourcha la bête, donna un furieux coup de talon et…. rien. un nouveau coup de talon suivit d’une violente tape sur la croupe et …rien.
- Bon, se passe quoi là ? Elle n’est pas en bois celle là !!!
Penaud, le palefrenier s’approcha et, en se tortillant sur place, tenta d’expliquer la mauvaise volonté du manticore.
- Vous l’avez dérangé en plein repas. Elle n’avait pas finis le dernier opposant que vous lui avez donné en pâture.
- un manticore caractériel… décidément, rien ne me sera épargné… Et elle mange de bon cœur au moins ?
- Ca pour oui ! il était grassouillet celui là !
- Tssssss, mangent vraiment n’importe quoi ces bestioles.
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Jagdpanther

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MessageSujet: Re: Vendre son âme aux Dieux   Dim 8 Fév - 20:14

Chapitre III Un cheveu sur la soupe

La manticore ayant enfin terminé son écœurant diner, Jagd chevauchait à la vitesse du vent sur les chemins menant au château de Darkpoet. L’animal bondissait souplement, avalant les lieux sans efforts. Soudain, sans raison apparente, la manticore eut un violent hoquet. Déséquilibré, Jagd voltigea dans un fourré. Maugréant sur ces satanées bestioles justes bonnes à orner un mur, le mort-vivant se dirigea vers sa monture qui tentait de recracher quelque chose. Jagd lui décocha un furieux coup de pied et la bête finit par recracher une masse gluante. Une langue nauséabonde… la langue visqueuse du dernier diner du manticore. Pas étonnant, avec le nombre de paroles amères qu’elle avait craché, elle avait finit par en prendre le goût. Enfin, c’était du passé…
Remontant en selle, il cravacha sa monture, qui libérée de cette gêne, repris son train d’enfer. Bientôt la demeure du seigneur Darkpoet fût en vue. D’un bond formidable la manticore sauta par-dessus les murailles et retomba au milieu de la place d’arme. A la vue du monstre, les paisibles habitants du château prirent leurs jambes à leur cou. Jagd sauta de la selle et se dirigea d’un pas décidé vers les quartiers privés de Darkpoet.
Libéré, le manticore avisa un elfe tétanisé par la peur, figé au milieu de la place. Un sourire carnassier découvrant des dents longues comme des couteaux de boucher et effilées comme des lames de rasoir, l’animal se jeta sur lui. L’elfe s’écroula, victime d’une crise de trouille aigue, se disant que ce jour là, il aurait mieux fait d’aller à la pêche… Surpris l’animal s’arrêta, le renifla et se disant que cet elfe allait lui coller aux dents, se contenta de lever la patte pour lui uriner dessus.
Quatre à quatre, Jagd montait les escaliers, il volait plus qu’il ne marchait. Il arriva enfin dans les quartiers de Darkpoet. Un majordome se dressa devant lui, l’air horrifié.
- Seigneur Jagdpanther ! Vous ne pouvez pas entrer ! Non ! Messire Darkpoet n’est pas…
- pousses toi de là sinistre laquais ! Je ne veux rien entendre de tes sornettes !
D’un violent coup de pied, le mort vivant fit voler la porte en éclats et, l’écume aux lèvres, entra en vociférant :
- Darkpoet ! Que fais tu donc de si important qui t’empêche de venir me rejoindre quand je t’ordonne de…
Rouge comme une écolière, Jagd sortit de la chambre en courant sous les invectives outrées d’Aëlissandya.
Tout en courant le plus loin possible de la jeune épouse de Darkpoet, le mort vivant entendit vaguement :
- Vieux pervers ! Sale gougeât ! Satyre ! Retournes donc jouer avec ton porte-jarretelles en cuir !
Mais qu’avaient-ils tous avec leur fichu porte-jarretelles ! En cuir de surcroit ! Lui qui ne portait que des vêtements en coton ! Décidément, certains jours, certaines paroles le laissaient perplexe. Furieux, il apostropha le majordome :
- Sombre crétin, tu ne pouvais pas me dire que je ne pouvais pas rentrer !
Estomaqué par tant de mauvaise foi, le serviteur en laissa tomber sa pile de draps.
Quelques longues minutes plus tard, le seigneur Darkpoet le rejoignit dans les cuisines. Mort de honte, le mort-vivant sirotait une boisson forte dénommée bizarrement « maureaurat ». Certains en voyaient partout en ce moment…
- Alors chef, je ne vous ai jamais vu courir aussi vite !
- ……
- que puis-je pour vous ?
- euh, ben, argh…
- A ce rythme là, on n’est pas couché…
- euh, oui. Le mort vivant réussit à se reprendre. Voila. j’ai besoin de parler aux Dieux.
- vous nous faîtes une crise spirituelle, chef ?
- Vous n’allez qu’à aller prier dans une église au lieu de venir nous déranger ! lança une voix charmante mais glaciale.
Si la terre s’était ouverte à l’instant sous ses pieds, Jagd aurait été le plus heureux des mort-vivants. L’épouse de Darkpoet venait de rentrer dans les cuisines et, si ses yeux avaient été des bombardes, Jagd ne serait plus qu’un tas de poussière.
- Je suis désolé, dame Aëlissandya.
- Vous feriez mieux de vous trouver une compagne, elle vous apprendrait les bonnes manières.
- euh, ben, argh, gloups…
- Votre conversation est en net progrès, chef. glissa insidieusement le maître de maison qui visiblement avait bien du mal à contenir un fou rire.
- Oui… Le mort vivant réussit une nouvelle fois à se reprendre. J’ai besoin de parler directement aux Dieux, j’ai besoin d’un service. tu es le plus intelligent de la guilde, alors j’ai pensé que tu savais comment on faisait.
Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois pensa Darkpoet. En secouant la tête, il lui répondit :
- Je suis désolé mais je ne sais pas.
- moi je sais.
Surpris, les deux hommes se tournèrent vers la jeune elfe.
- Oui, il suffit d’aller voir un ermite !
- Pas net ?
- Quoi ?
- Cherches pas, seul les moins de 20 ans peuvent connaître…
- oui, un ermite. ce sont des sages qui vivent en haut des montagnes.
- Et depuis quand tu fréquentes un ermite ? demanda Darkpoet, un brin agacé.
- Mais depuis toujours mon chérie, il m’aide à prendre les décisions importantes.
- Et tu n’as jamais songé à m’en parler ?
- je ne te dis pas tout…
Sentant l’ambiance se refroidir ou s’échauffer, au choix, Jagd décida de filer à l’anglaise… Il avait sa réponse. Ne restait plus qu’à trouver un ermite. Mais où ?
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Jagdpanther

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MessageSujet: Re: Vendre son âme aux Dieux   Ven 13 Fév - 0:40

Chapitre IV la perle rare

Légèrement nauséeux, Jagd tentait de rester sur sa monture. Le manticore filait à toute allure et le moins que l’on puise dire était que cette créature était loin d’être confortable. La houle imprimée par le manticore était en train de lui donner le mal de mer. Le seul avantage de ces bestioles était leur côté m’a tu vus. Rien à redire, elle impressionnait les foules ! Surtout quand elle se mettait en tête de dévorer un ou deux badauds… Et encore leur galop saccadé n’était pas le pire de leur défaut. Une fois lancée, elle devenait aussi d’une stupidité crasse. Seul un mur pouvait les arrêter… et encore il fallait qu’il soit particulièrement épais ! Tout en tentant de retenir son déjeuner, Jagd réfléchissait au moyen de trouver un ermite. Il aurait pu poser la question à Aëlissandya mais il avait préféré s’esquiver avant que le jeune couple ne décide de passer son mécontentement sur lui. Ce qui aurait été profondément injuste…
Soudain au détour d’un chemin, Jagd, toujours en perdition sur le dos du manticore, aperçu un seigneur qui déambulait au milieu du chemin.
- sortez-vous du passage !
L’homme lui jeta un regard bovin et ne broncha pas d’un pouce.
- mais poussez-vous !
Pas de réaction, l’homme resta stupidement au milieu du chemin.
- arrêtes sale bête ! t’as autant de cervelle que ton maître !
Le choc fut d’une violence extrême. L’homme valsa sur 69 mètres avant de s’immobiliser dans un nuage de poussière. Jagd fut tenté de lui porter secours puis décida que ce sombre idiot n’en valait pas la peine. Le choc lui avait toutefois éclaircit les idées. Un nom venait de lui apparaître : Emerys, la valeureuse ! La courageuse elfe qui avait entreprit de résoudre à elle presque seule la longue et difficile quête des sœurs alphabet. Avec tout le chemin qu’elle avait parcouru, elle devait surement avoir rencontré un ermite ! Justement, elle était dans le coin ! A grands coups de hache sur la tête de sa monture, Jagd finit par lui faire changer de cap.
Au bout d’une heure d’une cavalcade virile, le manticore et son infortuné cavalier eurent dame Emerys en point de mire. Chevauchant une impose Tortugon, elle allait paisiblement.
- Emerys ! hurla le mort vivant. Attends-moi !!
Dame Emerys se retourna juste à temps pour voir un bolide dégingandé lui foncer dessus.
- Va-t-il s’arrêter à temps ? pensa la jeune elfe.
Jagd s’arrêta effectivement. Un bon mètre trop tard… Ce fut la carapace du Tortugon qui arrêta la course du manticore. L’impact lui coupa le souffle et le mort vivant décrivit une magnifique arabesque avant de choir dans un tas de ronce. Fugitivement, il eu une pensée émue pour Richius, son paladin personnel. Sans ses soins miraculeux, il allait souffrir le martyre ! Se redressant d’un bond vigoureux, Jagd se dirigea vers l’elfe qui, un léger sourie aux lèvres, le regardait clopiner vers elle.
- Tu sais où je peux trouver un ermite ?
- - Et bien, grand chef, vous n’avez toujours pas trouvé de compagne ?
- Ben… pourquoi cette question ?
- Les bonnes manières. visiblement personne ne vous les a encore apprise !
Jagd bafouilla un lamentable bonjour, puis, reposa sa question.
- Dame Emerys, auriez vous vous par un heureux hasard croisé un ermite ?
Le sourire de l’elfe s’agrandit. Ses yeux noisettes pétillaient de malice.
- Vous me demandez un service seigneur Jagd mais je ne vous ai pas trop vu m’aider dans ma quête !
- Ben… Euh… ce n’est pas trop une quête pour un guerrier comme moi…
- Pardon ?
- non, ce que je voulais dire c’est que cette quête réclame quelqu’un de courageux, d’intelligent, de persévérant, de débrouillard, de curieux, de valeureux, de pugnace, de courageux… euh, non ça je l’ai déjà dit !
- Pour changer, vous en faites trop mon cher Jagd ! Enfin, que ne ferais je pas pour notre chef de Guilde préféré !
Jagd se dit en son for intérieur que son autorité déclinait. Il n’y a pas si longtemps, les membres de sa guilde se jetaient à ses pieds à la moindre de ses apparitions. Etait cela que l’on appelait l’usure du pouvoir ?
- J’ai rencontré un vieil ermite dans la forêt maudite. là où les damnés de la Terre n'ont pas trouvés la sortie de l'enfer.
- Ma chère Emerys, grâce à vous j’ai retrouvé les chemins de l'espoir !
Le mort vivant déposa un baiser sur la joue de l’elfe qui grimaça sous le contact rugueux. Relevant d’un coup de pied le manticore à moitié assommé, Jagd se dit que décidément sa guilde recelait quelques perles ! Il enfourcha sa monture et s’éloigna dans un train d’enfer !
- Seigneur Jagd !!! hurla la jeune elfe.
- Quoi !!!!!!!!
- Vous vous trompez de chemin ! c’est dans l’autre sens !
Tout en grimpant sur son Tortugon, Emerys se dit que l’aventure entreprise par Jagd n’était pas encore finis…
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Jagdpanther

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MessageSujet: Re: Vendre son âme aux Dieux   Lun 16 Fév - 22:39

Chapitre V Un combattant de l’extrême.

Remis sur le bon chemin, le mort-vivant filait comme le vent vers la forêt maudite. Un endroit réputé si maléfique que même les Tréants ne s’y risquaient pas. Un coup de talon et le manticore accéléra encore son train d’enfer. Réprimant sa nausée, Jagd maudit son amour propre. Mais pourquoi avoir choisi une monture pareille ? Cette bestiole était plus rapide qu’un cheval mais son inconfort atteignait des sommets. Balloté au gré de ces bonds gigantesques, il se promit de demander conseil à lapin duroin. Celle-ci avait adopté une licorne et en semblait satisfaite. Une licorne n’était peut-être pas la monture la plus virile de Nawakim, mais peut-être pouvait t’on envisager avec elle de faire quelques lieus sans rendre son repas…
Toujours nauséeux, le mort-vivant essaya de fixer son attention sur le paysage qui défilait. Se changer les idées, voila la solution ! Mais au fur et à mesure qu’il se rapprochait de sa destination, la nature se transformait. Les bois verdoyants étaient remplacés par des forêts noires qui paraissaient envoutées par des sorcières.
Même les constructions humaines semblaient prises de folie. Le mort-vivant passa à proximité de villes sombres emmurant des hommes prisonniers. Ici et là, d’immenses cathédrales crevaient le ciel comme des épées. Même le climat semblait se transformer, comme si des fumées noires au ciel assassinaient l'été. Tout doucement, la mort prenait possession de ces contrées et les crucifix dressés pour garder les campagnes ressemblaient à de vaines suppliques adressées aux dieux ancestraux par des peuples fous. Cette terre avait vu le règne de rois méchants, soufflant la fureur et la haine. Des rois enfants conduits par des femmes inhumaines qui avaient lancé sur les populations innocentes leurs armées folles, répandant la désolation et la mort. Des bruits d'armures résonnaient encore au fond des plaines, triste souvenir d’une époque faîtes de violence et d’injustice. Au loin, le mort-vivant entendait encore le galop effréné des milliers de chevaux fous lancés à la conquête du monde. Des peurs obscures semblaient flotter dans l’air, s’insinuant dans l’âme des hommes comme un poison sournois. Un frisson s’empara de Jagd et, nerveusement, il resserra les pans de sa cape sur lui. Un sentiment de mal-être s’emparait lentement de lui.
Alors qu’il lui semblait qu’il chevauchait depuis des jours, les premières frondaisons de la forêt maudite apparurent à l’horizon.
- Sinistre ce coin… marmonna le mort-vivant.
Devant lui un chemin s’enfonçait au milieu des arbres. La nature semblait comme malade. Rien ne respirait la vie. Même l’odeur qui s’échappait de cette masse touffue d’arbres ne lui inspirait rien qui vaille. Une odeur de charogne en décomposition. Réprimant un haut le cœur, il poussa sa monture à s’engager dans sur le chemin sombre. Le soleil avait du mal à percer l’épais feuillage. La faible lumière dessinait des ombres sur les buissons comme autant de démons prêt à bondir. Nerveux, le manticore humait l’air, à la recherche d’un éventuel danger. Une brume grise recouvrait le sol et l’animal avançait précautionneusement. Aux aguets, le mort vivant sentit un frisson désagréable le parcourir. Quelque chose l’observait. Tout à coup, il entendit un grand fracas de taillis froissés et de branches brisées. Quelque chose remuait dans les fourrées. Une très grosse bête… D’abord, il lui sembla que le son venait de loin, puis il lui parut d’un coup très proche. Le bruit s’éloignait puis, menaçant, revenait dans sa direction. Jagdpanther avait le front baigné de sueur. Nerveusement, sa main saisit le manche de sa hache. Le contact rugueux du bois le rassura quelque peu. Sur ces entrefaites, le bruit s’éloigna puis mourut. Soudain, un rire dément résonna dans les ténèbres, un rire strident, hystérique, qui montait et descendait cycliquement, avec d’horribles gloussements grinçant, qui vous blessait l’oreille autant qu’ils vous glaçaient les sangs. Jagdpanther eu l’impression que toutes les articulations de son corps s’étaient gelées d’un coup et qu’il était soudain devenu très lourd. Le rire stridula jusqu’à l’extrême limite de l’aigu, puis il se fragmenta en grincements secs. Le rire monta jusqu’au cri perçant, puis se mua en une série de ricanements gutturaux. La terreur lui enserrant la poitrine, Jagd dégaina son arme. La chose lui inspirait une peur viscérale. Brandissant sa hache, il menaça :
- Sort de ta cachette !
Puis, essayant de vaincre sa peur, il hurla son cri de guerre, planta ses éperons dans les flancs de sa monture terrifiée et chargea, bien décidé à en découdre. Une attitude courageuse voire téméraire que ne partageait pas le manticore. Ignorant délibérément les ordres donnés, la bête fit prestement demi-tour et s’enfuit sans demander son reste.
- Mais… sale bestiole ! repart au combat ! tu vas me faire mourir de honte ! je vais t’expier comme un rat !
Indifférent aux menaces de son cavalier, le manticore accéléra encore l’allure, bien décidé à mettre le maximum de distance entre elle et cette chose. Une main crispée sur la crinière, le mort vivant essayait de rester sur son dos tout en se retenant de ne pas vomir. Soudain, au détour d’un coude du chemin, la bête paniquée déboucha sur une petite clairière. Au milieu se tenait un colosse armé d’une monstrueuse massue. Le manticore freina brusquement, plantant ses griffes dans le sol. Désarçonné, jagd vola dans les airs et s’écrasa dans un taillis.
- Encore des ronces ! jura t-il. Mais je suis maudit !
Le choc lui coupa le souffle. Hoquetant, il retira son casque pour mieux respirer. Cette fois, son corps déclara forfait et un violent haut le cœur le secoua. Une voix se stentor s’éleva alors dans la clairière.
- Je m’appelle Ronald Weggerarzschen ! Inclines toi devant moi sale larve ! Je suis le meilleur combattant des trois univers et des Sept Olympes !
Sonné, le mort-vivant écoutait le titan lui débiter sa carte de visite et ses exploits.
- Je suis le défenseur de la forêt maudite ! Que viens-tu faire ici, vermisseau ?
- Je viens… Beurp… vomir…
Jagd eu un nouveau hoquet et dans un borborygme écœurant vomi dans son casque les restes de son déjeuner.
- Tu quoi ? demanda le titan en haussant un sourcil interrogateur.
- je vomis ! Et dans mon casque en plus !
- Tu viens jusqu’ici pour rendre ton repas ? Pas pour rendre ton dernier soupir ? s’étonna l’ogre en reposant sa massue hérissée de pointe.
- Oh ! Même dans ces moments là, je ne peux pas être tranquille ?
- Finis, finis, on se battra après. Mais dépêche toi quand même, on n’a pas toute la journée…
Groggy, Jagd finit par se relever. L’ogre qui lui faisait face devait mesurer au moins trois mètres de hauteur et peser dans les 600 kg. Ses muscles hypertrophiés saillaient, prêt à démembrer son adversaire. Se redressant de toute sa hauteur, Jagd empoigna sa hache, prêt à en découdre dans un combat à mort. Il s’avança vers son destin, prêt à honorer son code de l’honneur. Jamais, il ne reculerait devant le danger ! La bataille allait être rude mais rien ne saurait l’arrêter dans sa quête ! D’une geste fier, il brandit son arme, lança un regard de défi au titan et vivement mis son… casque.
Le hurlement de rires de l’ogre déchira le silence de la forêt. Sans pouvoir se retenir, le colosse lâcha son arme pour se prendre les côtes. Puis peinant à retrouver son souffle entre deux crises de rires, il se roula par terre. Riant aux larmes, le monstre se redressa finalement au bout d’un temps qui paru infiniment long à son adversaire. Hilare, il fixait la petite silhouette qui lui faisait face. Une nouvelle crise de rires le secoua. Soudain, son rire cessa. Livide, il se prit la poitrine et sans un mot s’écroula sur le sol. L’impact fit vaciller Jagd. Suspicieux, ce dernier s’approcha du titan inerte.
- Ben, il est mort ? se demanda t-il.
Un violent coup de pied dans l’entrejambe du colosse confirma sa première impression. La bête venait d’être terrassée par une crise cardiaque….
- Tu fais moins le malin maintenant, glissa Jagd à la carcasse étendue à ses pieds.
Puis, tranquillement, il entreprit de s’essuyer avec les habits de l’ogre.
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Jagdpanther

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MessageSujet: Re: Vendre son âme aux Dieux   Ven 27 Fév - 0:15

Chapitre VI Des réponses

Une fois nettoyé, Jagdpanther entreprit de scruter les environs. Une vieille bâtisse s’élevait au fond de la clairière. Mangée par le lierre, elle semblait avoir plus de mille ans. Sans aucun doute l’habitation de l’ermite. D’un pas décidé, il se dirigea vers la portée d’entrée. Derrière lui le manticore se régalait bruyamment de la dépouille de l’ogre. La porte vermoulue ne résista pas une seconde au violent coup de pied asséné par le mort vivant.
D’un rapide coup d’œil, il jaugea le personnage qui, assit à immense bureau, lisait un parchemin. L’homme était si vieux qu’il ne semblait plus avoir d’âge. L’air réprobateur, il redressa la tête et leva un sourcil blanc et broussailleux.
- Vieillard, je veux savoir comment on parle aux Dieux !!
- Vous devez être le dénommé Jagdpanther des Wersats de Nawakim ?
- Oui ! Comment tu sais cela, vieux bouc ? De la magie noire ?
- Non, votre réputation d’homme du monde a franchi toutes les frontières…
- Trêves de bavardages, vieux fossiles ! Allons à l’essentiel !
- Oui. Vous avez raison. La commande de branches de pommier magiques de Dame Aëlissandya est dans le coin là bas, vous pouvez l’emporter. La pièce d’or sur la table est pour votre peine.
- Quoi !!!!!!!!!!!! j’ai l’air de garçon de course, vieux détritus !
- Souhaitez-vous vraiment que je réponde à votre question, mon cher ?
- Tu vas tâter de ma hache, vieux crouton !
- Si vous passez vos nerfs sur mon humble personne, je ne pourrais répondre à votre question…
- Euh, oui, ben…
- Bien jeune homme, vous avez raison, allons à l’essentiel, cessons de perdre du temps, je n’irai pas par quatre chemin, trêve de mots inutiles, économisons notre salive…
- Tu uses ma patiente, vieux croulant !
- Même votre langage est à reprendre… je plains de tout cœur celle qui devra refaire votre éducation !
- Pour mon âme sœur, on verra après. Réponds donc à ma question ou je réduis ta baraque en miettes !
- Le pire dans tout cela, c’est que je vous en sens capable. Je peux répondre à votre question, mais d’abord vous devez répondre à celle de mon ami.
- Et il est où ton pote ?
- Derrière vous, très cher ! répondit une voix profonde.
Surpris, Jagdpanther se retourna. Une monstrueuse créature se dressait devant lui. Une créature fantastique avec un buste de femme, un corps de lion et des ailes d'oiseau. Son regard se vrilla sur le frêle mort vivant qui lui faisait face.
- Je suis le Sphinx, fille d’Orthos et d’Echidna !
- Je ne m’intéresse pas ton patrimoine génétique, grogna Jagdpanther. Pose ta question, j’ai un sanglier sur le feu !
- Ta réputation n’est pas usurpée, barbare mal léché ! Ton savoir-vivre est proche de celui d’une amibe ! Et bien soit, je te pose ma question mais saches que si tu n’y réponds pas, tu passeras de vie à trépas !
- ça reste à voir…
- Ecoutes bien, sinistre butor ! τί ἐστιν ὃ μίαν ἔχον φωνὴν τετράπουν καὶ δίπουν καὶ τρίπουν γίνεται
- C’est quoi se charabia ?
- Comment ais-je pu oublier que pour toi la culture s’arrêtait à celle de la tomate ? Même pas fichu de causer un mot de grec… Enfin… Quel être, pourvu d’une seule voix, a d’abord quatre jambes, puis deux jambes, et trois jambes ensuite ?
- Il s’agit de l’homme. Lorsqu’il est enfant, il a quatre jambes, car il se déplace à quatre pattes ; adulte, il marche sur deux jambes ; quand il est vieux, il a trois jambes, lorsqu’il s’appuie sur son bâton.
- ????????????? mais comment sais-tu cela, toi et ta cervelle de moineau ?
- Je suis un seigneur complexé…
- Mais que vais-je devenir puisque tu as répondu à ma question ? je n’ai plus de raison d’être ! se lamenta la majestueuse créature.
- j’ai croisé un précipice en venant, vas donc y faire un tour…
Jagdpanther se retourna vers l’ermite.
- Alors, ma réponse ?
- Jamais je n’aurai cru qu’un barbare de ton espèce soit capable de répondre à une telle question… Mais soit, que désires-tu ?
- Parler aux dieux, vieux séniles !
- Oui, c’est vrai. Tes manières me font perdre la tête.
Le vieil homme se leva et se dirigea vers une armoire. Il en sortit un étrange appareil qu’il tendit à Jagdpanther.
- Voila un THURAYA. C’est un artefact capable de parler aux dieux. Tu le mets contre ton oreille et tu parles dedans.
- Tout simplement ?
- Oui, tout simplement. Penses à dire « allo » avant de poser ta question.
Jagdpanther prit l’appareil et le porta à son oreille
- Allo ?
- Tous vos correspondants sont occupés. Veilliez rappelez ultérieurement. lui répondit une charmante voix féminine.
- Je ne comprends pas…
- Les demandes sont nombreuses en ce moment. Vous n’avez pas de chance ! Mais essayez la touche 1, elle permet de joindre une divinité nommée Floride. Elle n’est pas très fut fut, mais vous devriez bien vous entendre…
Jagdpanther obtempéra puis, au bout d’un moment, reposa le THURAYA.
- Je n’comprends rien à ce tissu d’ânerie…
- Cela ne m’étonne guère… Son intelligence n’est pas sa qualité première. Bon et bien, ravi de vous avoir connu. Au revoir, très cher. Repassez donc me voir à l’occasion !
- Quoi !!!!!!!!! mais je dois parler aux Dieux !!!!!!!!!
- Ils sont occupés ! Mais vous êtes bouché ou quoi ?
- Je dois parler à une divinité ou je vous fais deux têtes ! rugit Jagdpanther au comble de l’exaspération.
L’ermite poussa un soupir puis lâcha.
- J’ai eu vent de l’existence d’une nouvelle entité qui venait d’arriver sur l’île de Dakim. Elle ne doit pas être trop sollicitée. Vous devriez tenter votre chance.
- Et elle est où cette perle rare ?
- Dans le village des Wersats. Dans une grange abandonnée.
- J’ai fais tout ce chemin pour rencontrer une divinité qui logeait dans mon village ? marmonna le mort-vivant, un brin déprimé.
- Pas de chance, mon ami. sourit malicieusement le vieil homme.
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MessageSujet: Re: Vendre son âme aux Dieux   Lun 2 Mar - 23:04

Chapitre VI Une entrée encore fracassante

Un brin remonté contre l’irone du destin, le mort vivant quitta la demeure de l’ermite, sans prononcer la moindre parole. Songeur, le vieil homme le regarda s’éloigner. La destinée de ce seigneur était à la croisée des chemins. Prendrait-il le bon ? Rien n’était moins sur. Haussant les épaules, il entreprit de réparer sa porte fort malmenée lors de l’entrée pour le moins fracassante de son visiteur.
Tout en se léchant les babines, le manticore se dit qu’une sieste réparatrice serait amplement méritée après toute ces aventures. En entendant des pas s’approcher, il ouvrit une paupière lourde. La mine renfrognée de son maître agit comme un véritable électrochoc. Avant de recevoir un coup de pied vicieux, elle se remit sur ses pattes et attendit.
Jagdpanther jura en voyant la bête faire preuve de docilité. Il voulait passer ses nerfs sur quelque chose et son inconfortable monture lui paraissait la victime toute désignée. Frustré de ne pas avoir trouvé de prétexte pour une correction, il enfourcha le manticore et le talonna sans ménagement.
- Avance, sale bête ! Direction le village des Wersats !
Docilement, la bête prit le trot puis accéléra progressivement son allure. La sinistre forêt maudite ne fut bientôt plus qu’un souvenir. Concentré sur ses pensées, c’est à peine s’il entendit le bruit d’une longue chute alors qu’il longeait un précipice. Un bruit sourd ponctua la fin d’une des plus belles créatures de Nawakim, sans que cela n’émeuve une seule seconde le mort-vivant.
Chemin faisant, il se remémora le but de sa quête. Parler à un Dieu pour lui demander une faveur. Une faveur en forme de vengeance.
Le soleil déclinait lentement à l’horizon. La température douce et la houle toujours inconfortable abrutissait Jagd qui somnolait doucement. Brusquement, au détour d’une courbe, ils tombèrent nez à nef avec un attelage tiré par une paire de jeune griffon. Surpris, le manticore freina des quatre fers. Tout aussi surpris, son cavalier vola dans les airs avant de lourdement tomber dans un enchevêtrement de ronces.
- Nom d’un orc mal léché ! Qu’ai-je donc fait au destin pour mériter ça ? maugréa t-il en se relevant.
Une jeune femme blonde comme les blés sauta lestement du chariot et s’approcha du mort vivant qui péniblement se relevait en maugréant dans sa barbe.
- Vous allez bien, noble seigneur ? demanda t-elle visiblement inquiète.
- J’ai l’air de bien aller ? maugréa le mort vivant. Vous pouvez pas tenir votre droite avec votre chariot pouilleux ?
- Ne seriez vous pas le seigneur Jagdpanther ? demanda la jeune femme.
- Et vous savez ça comment ?
- Une intuition… j’ai votre commande ! À un cheveu près, nous avons failli nous louper !
- Ma quoi ?
- Oui, le seigneur Ripley a commandé en votre nom une perruque. Je crois qu’il s’agit de vous donner un air plus distingué.
- ………..
Ignorant le juron à faire dresser les cheveux sur la tête, la jeune femme plongea dans son chariot.
- Allez, Azraël, pousses toi de là que je retrouve ces deux moumoutes. Et n’essaye pas de manger les Schtroumpfs !
- Mais je ne veux pas de moumoutes… je suis bien sans mes cheveux…. un coup d’éponge le matin et c’est partie pour la journée…
- Les voila ! Alors que préférez-vous ? Une tissé en poils de fondement d’orc ou une autre en barbe de nain ?
- Mais je veux pas de moumoutes…
- Mais si. Insista la jeune. Avec ça vous allez être beau comme un Dieu ! Et vous allez enfin trouver une damoiselle qui vous apprendra les bonnes manières.
- Ripley !!!!!!!! sale voleur !!!!!!!! Je me vengerai, et ma vengeance sera terrible !
Tournant les talons, il laissa en plan la jeune femme et les deux perruques ridicules. Sans moufter, le manticore accéléra la cadence. Son maître lui paraissait d’humeur à lui mettre un coup de hache pour le plaisir.
Enfin, il atteignit le village des Wersats. Sous les hués de la population, il traversa la place principale comme une flèche. Du coin de l’œil, il vit le président qui déambulait au bras de sa charmante épouse. L’expression de son visage ne luit était pas inconnu. Sans aucun doute, elle était…
- Sale bête ! je vais te faire empaillée!
Le manticore venait de sauter un étal sous les injures du vendeur. Au triple galop, l’animal fonçait vers la grange. Rapidement, Jagd rajusta sa tenue. Autant faire bonne impression auprès des représentants de cette nouvelle divinité. La grange était en vue. Le mort vivant remit son casque d’aplomb, pas question de gâcher son entrée. Il devait les impressionner par son charisme, son assurance, sa force naturelle, sa virilité exacerbé.
- Bien arrêtes toi, maintenant.
- Bon, tu t’arrêtes ?
- Créature de malheur, tu vas t’arrêter !!!!!
- Stooooooooooooooop !!!!!!!!!!!!
- Nooooooooooooooonnnnnnnnn !!!!!!!!
Le choc fut d’une violence inouïe. La porte vola en éclat sous l’impact des 300 kg du manticore lancé à plus de 60km/h. Dans un craquement sinistre, la porte s’ouvrit en deux et Jagd vola à travers les airs pour s’écraser lourdement dans un tas de ronces séchées.
- Cette fois, je vais tordre le coup du scénariste, pensa t-il en son fort intérieur. Il va en prendre pour son grade lui et son imagination saugrenue…
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MessageSujet: Re: Vendre son âme aux Dieux   Mer 4 Mar - 15:46

Chapitre VII Une rencontre décisive

Inquiets, les onze prêtres regardaient leur patriarche se cogner consciencieusement la tête contre une poutre.
- Tu penses qu’il va continuer longtemps comme cela ? demanda l’un d’eux.
- Bah, il va bien finir par s’assommer…
Soudain, un terrible craquement les sorti de leur contemplation. La porte de la grange vola en éclats et une bête monstrueuse fit son apparition. Ses yeux rouges luisant de méchanceté transpercèrent la petite assemblée. La créature semblait sortir directement de l’enfer. Son rugissement exhalait la fureur et la haine.
- Saaaaaaaaaaale Bêêêêêêêêêêtes !
Le monstre de cauchemar alla s’écraser dans un tas de ronces tandis que sa monture allait se cacher piteusement dans un box vide. L’horreur sur pattes se releva péniblement et les prêtres frissonnèrent en voyant un squelette hideux se dresser devant eux. L’un d’eux sentit même ses sphincters se relâcher…
- Qui c’est le chef parmi ce ramassis de cloportes !
Peu rassuré par l’apparition, le patriarche s’avança.
- Je suis le patriarche de cette congrégation. Qui êtes-vous ?
- C’est moi qui pose les questions, vieux fossile !
Le mort-vivant fixa les douze hommes. Le patriarche avait une bosse grosse comme un œuf de poule sur le front. Les autres avaient une allure aussi peu martiale, vêtements déchirés, griffures ou morsures sur le visage.
- C’est avec ça que je dois m’allier ? marmonna jagd, un brin dépité.
- Que puis pour vous ? demanda le patriarche, peu rassuré à la vue de cette créature bien peu engageante.
- Z’êtes les représentants d’une divinité…
- Mais qu’allez vous pensez là ! vous devez vous tromper…
Collé à la poutre par la poigne de fer du mort-vivant, le prêtre ne put finir sa phrase. Ses amis se reculèrent prudemment, courageux mais pas inconscients.
- Te moque pas de moi, crapaud baveux ! elle est où ta divinité ?
Tout en posant sa question, Jagd martelait la tête du prêtre contre la poutre. Vaincu par une formidable migraine, le patriarche abandonna toute résistance.
- Nerull… ne… peut… être… Mais arrêtez de me secouer !
Le mort-vivant relâcha son étreinte et le patriarche tomba à terre tel un sac de patates. Hoquetant, il parvint à articuler.
- Nous sommes des derniers représentants du culte de Nerull le faucheur. Mais il ne peut être invoqué sans un sacrifice ! Seul le sang souillant son autel peut le sortir de l’enfer !
- Du sang dis-tu ?
Sans laisser le temps au patriarche de réagir, il empoigna sa main et, d’un coup sec de l’ongle, lui ouvrit le pouce comme un fruit mur. Le beuglement du prêtre n’arrêta pas le mort-vivant. Tenant fermement la main du patriarche au dessus de l’autel, Jagd laissa quelques gouttes de sang tomber sur l’autel. Le résultat ne se fit pas attendre. Le sol se mit à trembler et à vomir des fumées nauséabondes. Les prêtres se jetèrent à genou. Jagd, prudemment, recula de quelques pas. Et, de tout en bas, une divinité colère, une divinité du fond de l’univers, à des années de voie lactée, fit son apparition sous la forme d’un halo flou.
- Je suis Nerull le Faucheur, Adversaire du Bien, Ennemi de la vie. Je suis le Porteur de ténèbres, Dieu de la mort, des ténèbres, du meurtre et du monde inférieur !
Belle carte de visite, songea le chef de la guilde des Wersats. Faudra que je songe à m’en faire broder une du même tonneau.
- Que veux-tu, misérable ver de terre ? Comment oses-tu troubler mon sommeil ?
- Ben, j’ai besoin d’un service. Et vu que t’es le seul disponible en ce moment.
- Quoi ! Tu oses m’insulter, vil insecte rampant !
- Tu feras ta vierge effarouchée une autre fois. Tu veux quoi pour exaucer un vœu ?
Nerull le Faucheur, la divinité aux millions de sacrifiés faillit s’étrangler de rage. D’un simple battement de cil, il aurait pu réduire en poussière la créature qui lui faisait front. Pourtant, il ne se sentait pas à l’aise en ce lieu inconnu. Sa force titanesque, ses pouvoirs l’avaient abandonnée, comme si personne ne croyait en lui en ces contrées. Maitrisant tant bien que mal sa fureur, il observa le squelette. Celui-ci ne semblait pas le craindre, affichant de surcroit un sourire narquois. Laissant de côté sa fierté meurtrie, la divinité du mal décida de voir de quoi il en retournait.
- Qui est tu ?
- Je m’appelle Jagdpanther, Grand Khan de la guilde des Wersats. On m’appelle aussi le fléau des bonnes manières mais je ne sais pas trop pourquoi.
- J’en ai une vague idée… Tu viens donc à moi pour me demander une faveur.
- Ouais, c’est ça. Besoin d’un coup de main. Tu veux quoi en échange ?
Dégouté, la divinité jeta un coup d’œil aux douze prêtres qui rampaient à ses pieds. Des incapables qui n’étaient même pas fichu de lui sacrifier un rongeur. Nerull avait besoin d’un sacrifice humain pour retrouver ses forces.
- Je n’ai pas l’habitude de traiter des cas comme toi mais soit, j’accepte d’exaucer un vœu si tu me sacrifies un membre de ta guilde.
- C’est tout ?
- Non, il faut que cela soit une fille.
Tandis que les prêtres faisaient leurs bagages avant d’élire domicile dans le château de Jagdpanther, ce dernier réfléchissait à la demande de Nerull le faucheur. Sacrifier un membre de sa guilde ne lui posait pas plus de problème que ça. La seule question était : qui ?
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MessageSujet: Re: Vendre son âme aux Dieux   Mer 4 Mar - 19:17

Chapitre VIII Le sacrifice.

Assis à son bureau, Jagdpanther regardait la liste des damoiselles de la guilde.
- Bien, se dit-il, laquelle choisir ?
Un dessinateur avait griffonné un portait de chacune d’entre elles. Pensivement, il observa le premier visage.
- Non, pas elle, trop émotive, elle va pleurer en plein milieu de la cérémonie et ça risque de me gâcher mes effets.
- Non, pas elle, trop puissante, je vais me prendre un coup d’épée sur le crâne.
- Non, pas elle, déjà qu’on n’a pas beaucoup de prêtre soigneur, si je mets à leur trancher le cou…
- Non, pas elle, Nerull m’a demandé un sacrifie pas deux.
- Non, pas elle, trop agressive, je vais me prendre un coup de fouet et ce n’est pas vraiment le moment…
- Non, pas elle, toute façon, je ne sais pas où elle est…
- Non pas elle, c’est déjà un ange.
- Non pas elle, j’en ai besoin pour punir le maître de leur forum.
- Non pas elle, elle n’avait pas finis la quête des sœurs alphabet.
- Non, pas elle, c’est une orc et je en tiens pas à m’attirer les foudres de la Waaagh.
- Non, pas elle, mon cœur me dicte un autre choix.
- Non, pas elle, trop jeune.
- Non pas elle, à peine si je la connais.
- Ah ! s’exclama t-il. Cette damoiselle est parfaite !
Jagd sortit de son bureau à la recherche de son fichu intendant. Il le trouva alors qu’il était en train de compter fleurette avec une servante morte depuis déjà 3 mois. Voyant son maître arrivé, elle fila vers les cuisines, perdant quelques morceaux de chair pourris au passage.
- Oh Grand chef ! s’écria l’intendant. Vous venez de faire fuir une de mes conquêtes !
- M’en fiche, grogna Jagd. Prends une escouade de Zombies et ramènes moi dame Lagomorpha !
- Qui ?
- Euh, non, Dame Léporidés !
- Qui ?
- Euh, non, Dame Oryctolagus cuniculus ?
- Ooooooh chef, grand coquin que vous êtes !
- Tu comprends vraiment rien, sinistre mort-vivant libidineux !
Se retenant de passer son intendant par la fenêtre, Jagd hurla.
- Va me chercher dame Lapin Duroin !
- Ca va tout de suite mieux quand vous vous exprimez clairement, Oh Grande Obscurité.
Pendant que l’intendant rigolard s’éloignait, Jagd commença à organiser la cérémonie. La lune était haute dans le ciel étoilé. Une nuit magnifique pour un sacrifice.

L’autel orangé trônait au milieu de la salle de réception. Les douze prêtres avaient pansés leurs blessures et formaient, agenouillés, un demi-cercle autour de lui. Impatient, Jagd faisait les cent pas. Bientôt, dame Lapin duroin fit son entrée, encadré par deux squelettes. Leur chef n’apprécia pas le regard égrillard de ses deux soldats mais il n’avait pas le temps de les démembrer.
- Seigneur Jagdpanther, je veux bien être tirée de ma couche en pleine nuit si vous avez besoin de moi, mais j'apprécierai que vous m'invitiez à diner avant !
- Ma chère Lapin Duroin, ne vous méprenez pas sur mes intentions ! j’ai une autre idée en tête !
- Ah bon…
- Voila, j’ai besoin que vous me rendiez un petit service.
- Dites toujours.
- Voila, rassurez vous, ça ne prendra que peu de votre temps.
- Parfait, j’ai sommeil et j’aimerai retrouver rapidement ma couche.
- Cela tombe bien, je vous propose un repos éternel !
- Pardon ?
- Oui, j’ai besoin d’une volontaire pour un sacrifice et j’ai pensé à vous.
- Mais…
- Je sais, je sais ma chère, c’est beaucoup d’honneur que je vous fais là, mais vous le méritez bien !
- Mais…
- Ne me remerciez pas ! Votre visage épanoui est ma récompense !
- Mais…
- L’émotion vous submerge, je comprends.
- Mais
- Je ferai élever une statue en votre nom ! Je sais, j’en fais trop, mais je suis comme cela, généreux avec les autres !
- Mais pourquoi moi ?
- Parce que vous êtes celle que j’apprécie le plus dans la guilde !
- Vous ne pouviez pas me détester ?
Délicatement, les deux gardes squelettes posèrent la tête de dame Lapin sur l’autel, l’un d’eux dégagea doucement la nuque gracile de l’elfe. Pétrifiée, la jeune elfe ne trouvait plus la force de protester. Fermement, Jagd empoigna sa hache de bucheron. La lame aiguisée avait déjà tranchée la tête d’une Médusa d’un coup, alors celle d’une elfe… L’arme s’éleva dans les airs et, dans un sifflement sinistre s’abattit vers la nuque vulnérable.
Des cris de mécontentement emplirent la salle de cérémonie. Les douze prêtres se levèrent en hurlant leur désappointement. La lame de la hache venait de s’arrêter à un cheveu du cou de dame Lapin Duroin. Si près que même un papier à lettre ne se serait pas glissé entre la peau et l’acier.
Jetant sa hache, le mort-vivant maugréa :
- Je ne vais pas me laisser dicter ma conduite par une divinité à la manque !
Du bout de l’ongle, il piqua le lobe de l’oreille de dame Lapin toujours maintenue sur l’autel. Une goutte de sang perla et vint s’écraser sur la pierre.
- Aïe ! cria la jeune elfe.
Se débattant, elle se dégagea des deux soldats qui n’y comprenaient plus rien.
- Sale brute ! Vous m’avez fais mal ! Butor ! Sauvage ! Barbare !
La gifle résonna longuement dans la salle de réception. Si fort que le son parvint à la salle de garde où les soldats présents se dirent que le chef s’était encore pris un râteau… Furieuse, Dame Lapin Duroin tourna les talons et disparu en maudissant tous les mâles présents sur terre.
Stupéfait, Jagd posa la main sur sa joue douloureuse. Décidément, il ne comprendrait jamais rien aux femmes. Qu’avait-il fait pour mériter un tel traitement ?
Reprenant ses esprits, il avisa les douze prêtres qui vociféraient comme des hyènes.
- Balancez-moi ces pleureuses dans une oubliette et murez l’accès.
A peine les prêtres furent-ils expulsés par la garde que Nerull apparût.
- Et bien, où est donc mon sacrifice humain ?
- Va falloir t’en passer, mon vieux.
- Et mes fidèles, où sont-ils ?
- Y font de la spéléologie. Tu les reverras pas d’un moment…
- Notre accord stipulait un sacrifice en échange d’un vœu !
- L’accord a changé, coco. Je te propose un autre marché. Tu exauces ma demande et en échange, je deviens ton plus fervent disciple. Je te servirais jusqu’à mon dernier souffle et ensemble nous fixerons un rendez-vous d'éternité sur les terres de Nawakim. Bientôt nous sonnerons la fin du millénaire, nous crucifierons nos ennemis. Je te promets l'apocalypse avant l'hiver. Ensemble, nous serons le Dies Irae des îles de Nawakim.
- Et si je refuse ?
- Bah, ton autel servira à découper les bœufs et autres chèvres chez le boucher du coin. Remarques, t’en recevras du sang !
- Stupide créature sans éducation ! Je ne sais pas ce que j’ai bien pu faire à mes confrères pour tomber sur un être aussi peu éduqué que toi ! Enfin, j’accepte. Mais c’est choisir entre la peste et le choléra…
Nerull tendit alors une étrange boule de pate à Jagd.
- C’est de la Zimmerit. Une substance créée il y a bien longtemps par des êtres immondes et sans âme. Sa puissance est colossale ! Après chaque bataille, tu en répandras un peu sur le sol.
- Euh, c’est pas mieux avant ?
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