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 Une Bascule dans le Vide

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Urylindë Hyûmendacìl

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MessageSujet: Une Bascule dans le Vide   Sam 7 Fév - 19:52

Mon nom est Urylindë Hyûmendacìl.

Je ne suis pas originaire de ce continent. Il y a environs trente ans, j’habitais une île fouettée par les vents… mais vous ne comprendriez pas. Je dois remonter plus loin encore.

Nul ne sait ce qu’il y avait avant La Mer. La Mer, c’est simplement cette flottille de navires qui cherchait refuge, voguant d’archipel en archipel. Mais personne ne voulait laisser s’établir une colonie d’elfes. Alors, les vaisseaux reprenaient leur route à chaque fois, chassés et n’ayant pas le cœur de s’installer de force. Jusqu’à ce qu’ils trouvent cette île : désertique, glacée et aride, fouettée par les vents. Le climat ne pu effacer leur sourire de trouver enfin un chez soi, après cette longue errance dans les mers.

Mes ancêtres s’établirent difficilement, mais avec détermination. Ils érigèrent des villes, des forts, désireux de ne pas se laisser déloger sans combattre par un quelconque envahisseur. Mais c’était le calme plat. Ils explorèrent donc l’île… et tombèrent sur les O’lkas.

Un peuple primitif et dégénéré, furieux, aux dieux absurdes. J’appris par la suite qu’on les appelait « orcs ».

La guerre décima mon peuple, dévorant ses frontières. Je naquis dans un monde où perlait dans chaque regard le désespoir. Je naquis prince d’un peuple à l’agonie. Je devais être leur espoir… le fus-je ? Peut-être… quoi qu’il en soit, ma mère, déjà veuve, mourût de ma venue au monde. J’eu comme tuteur Arathil Sûndemar, un sage elfe qui m’apprit les valeurs de la liberté, entre autres. Ce fut mon seul parent. Il m’enseigna à devenir un prince, à respecter mes devoirs et mes responsabilités.

Je grandis dans son ombre, avec son soutient. Mais il fut tué par les orcs. Ce fut leur dernière erreur.

Je voulais venger celui que je considérais comme mon père. Je redressais mon peuple sous la bannière de la Croisade. S’ensuivit une vaste montée à l’expansionnisme, que je ne vous décrirai pas et qui ne fut pas sans difficulté. Enfin, il arriva que mon peuple assiège le dernier bastion du genre orc… les situations s’étaient inversées.

Nous arrachâmes la victoire de haute lutte, anéantissant le fléau de mon peuple et convertissant celui-ci à Baal le Chasseur. Ruinés mais vivants, nous repartîmes avec mes hommes vers notre royaume, pour apprendre de la part de réfugiés qu’une armée orc l’avait annihilé. Fou de douleur, je fonçais au travers de paysages tous plus désolés les uns que les autres, jusqu’à ce que nous tombions sur ces assassins. Une autre bataille s’ensuivit, durant laquelle je défis le chef orc en lui enfonçant Anglachel dans la poitrine, la lame que mes pères se sont donnés à chaque génération. Avec sa mort chuta son armée.

Je me retrouvais à la tête d’une poignée de guerriers abattus et seuls. Alors, comme presque un siècle auparavant à l’images de ces elfes aventureux, nous reprîmes la mer. Pour débarquer sur Nawakim. Hélas, le peuple orc était là à nouveau. Avait-il fait comme nous, s’était-il développé à partir d’un groupe de survivants ? Peut-être. Je n’en sais rien ; leur histoire ne m’intéresse pas.

Quoi qu’il en soit, nous décidâmes de nous installer sur ces terres.

~


-Seigneur Hyûmendacìl ?

Du fond de ma bibliothèque, je ne réponds pas. Plongé dans un ouvrage intitulé : « Le Panthéon de Nawakim », je regarde distraitement le symbole de Bedo. Ce dieu qui a failli détruire mon peuple, alors que nous nous battions en Enfer…


-Seigneur !

Je me retourne et offre un sourire lassé à Saeros. C’est un vieux guerrier grisonnant aux cheveux noués, au visage dur et arborant une hideuse cicatrice sur la tempe. Son oreille droite est déchiquetée – souvenir de la hache d’un orc. Mon conseiller, mais avant tout mon ami.

-Saeros.

Il me salue comme il le faisait autrefois durant la Croisade. Poing sur le cœur, tête penchée sur le côté.

-Au lieu de t’agiter, viens donc voir cette œuvre. Elle est fascinante.

-Il y a plus grave, Seigneur. Deux éclaireurs sont tombés malades…

Mon visage s’assombrit. Il venait me déranger pour cela… ? Connaissant Saeros, je décidai de lui laisser une chance de s’expliquer.

-Leur mal est invincible face à nos guérisseurs. Il semble même les contaminer.

L’orage s’accentua encore sur mes traits. Si les mages étaient atteints par cette maladie, c’est qu’elle était d’ordre surnaturel. Je me levais en refermant doucement le livre.

-Mène-moi à eux.

-Seigneur, vous n’êtes pas non plus à l’abri de…

Je le coupais en empoignant le harnais d’Anglachel et en le ceignant à la taille.

-J’ai sur moi le symbole de la confiance que Baal plaça en mes ancêtres. Allons-y, maintenant, et cesse de tergiverser.

-Bien, Seigneur, céda-t-il.

Je remarquais ses yeux vaguement méprisants quand ils passaient devant tous les livres amassés sur les étagères de cette bibliothèque dont j’étais fier. Saeros était un elfe pragmatique au mieux, étroit d’esprit au pire, et terre-à-terre entre les deux.

Le dédain laissa la place à l’anxiété sur son visage. Il s’inquiétait pour ses hommes, et je le reconnaissais bien là. Mais ce qui l’angoissait m’angoissait. De quoi donc souffraient-ils… ?

Nous traversâmes la caserne sous les regards soucieux des soldats. Il poussa une porte et me fit signe d’entrer.

Les deux rôdeurs étaient cloués au lit, le teint cireux et les cheveux décolorés. Les trois gardiens présents s’entre-regardèrent et reculèrent, me cédant la place. Eux-mêmes n’avaient pas l’air très frais – en fait ils semblaient dévitalisés.

Je sentis une vague maléfique émaner des deux malades et ne pus réprimer un mouvement de recul. Saeros s’en aperçut et porta la main à son épée.


-Que… ?

-Ce n’est rien, Saeros. Ne dégaine pas.

Il grogna mais laissa retomber son bras.

J’approchais un peu plus les éclaireurs. L’un gémit soudain et les choses se passèrent très vite.

Un gardien tomba à genoux, et cette fois-ci Saeros tira sa lame au clair. Par réflexe j’empoignais la mienne mais la laissait aussitôt retomber dans son fourreau, la poignée glacée et poussant un hoquet de surprise et de souffrance.

Le sang perla de ma paume.


-Seigneur !

D’un geste, je lui demandais de s’occuper plutôt du magicien. Il grommela mais obtempéra et se pencha sur l’elfe blême à l’instar de ses collègues. J’en profitais pour tâter le pommeau d’Anglachel… il était encore froid.

Mes pas me portèrent juste au chevet du rôdeur qui avait réagit. Son souffle était irrégulier et sifflant, comme celui d’un vieillard. De fait, sa chair était creusée de rides.


-Ca alors… murmurai-je en aparté. Il fallait que je vérifie quelque chose…

-… et faire attention.

-Pardon ? Je n’écoutais pas.

-J’avais bien vu, soupira Saeros. Il faudra faire attention quand on approchera à nouveau ces rôdeurs et demander des protections aux gardiens. Venez, sortons.

Je suivis son sage conseil en lui emboîtant le pas. Après un dernier conciliabule grave, les sorciers nous suivirent, les deux encore valides soutenant le troisième toujours livide.

-Tiens-moi au courant pour ces cinq-là.

-Ces cinq-là ? releva Saeros.

-Les rôdeurs… et les trois gardiens.

Je le plantais là, retournant à mes ouvrages, une sueur glacée coulant le long de mon dos.

La Mort étendait à nouveau sa poigne de glace sur mon cœur, et je doutais de la battre une seconde fois dans ce bras de fer froid.
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Urylindë Hyûmendacìl

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MessageSujet: Re: Une Bascule dans le Vide   Sam 7 Fév - 20:13

La bougie avait fondu depuis longtemps.

Plutôt que de faire appel à un mage qui aurait éclairé de son pouvoir la bibliothèque, je préférais me fier à la clarté lunaire qui inondait le lieu d'une lueur blafarde.

Je reposais le parchemin sur la pile déjà impressionnante que j'avais désignée comme étant celle des papiers inutiles. Je savais que quelque chose sommeillait dans ces archives, quelque chose que je redoutais de trouver mais qui pouvait bien tuer dans l'oeuf ce fléau qui naissait sous mes yeux. Les rôdeurs étaient morts quatre jours après que je leur ai rendu visite, deux le matin et le dernier dans la soirée.

Quant aux gardiens, ils déliraient, les cheveux décolorés et la peau comme du vieux cuir, complètement déshydratée.

Un mal frappait mon peuple, un mal que je ne pouvais repousser par le fer. Un mal qui s'étendait à tous ceux qui désiraient soigner les patients... un autre guérisseur nageait déjà dans un océan de souffrance et de paroles insensées.

Je me frottais les yeux, agacé. Ma proie m'échappait...

Soudain, un livre attira mon attention. Je le saisis et l'ouvris au milieu, déchiffrant l'écriture nerveuse en langue humaine.

Citation :
Ils avaient vieillis en une nuit. Ses cheveux de feu n'était plus qu'un amas informe de filaments argentés dépourvus de vitalité.
Un peu plus loin :

Citation :
Tous ceux qui combattaient la punition divine y succombaient immanquablement.

Je blêmis sous mon hâle doré. Punition divine...? Foutaises ! Superstitions de peuplade humaine...

Citation :
Même le Feu de Bedo n'arrivait pas à les purifier de Seregon...

Je repoussais l'ouvrage, écoeuré. Les pages recelaient peut-être une quelconque vérité dans ces fourmillements maladroits de sépia, mais elle devait être trop bien cachée pour que je l'y retrouve.


-Par les Crocs ! m'écriai-je en frappant du poing sur la table. Je repoussais les parchemins avec une exaspération enfantine.

Baal, j'ai besoin de toi...

Un coup sec retentit contre la vitre du balcon. Je scrutais les ténèbres derrière le verre en tentant vainement d'apercevoir une forme indiquant un intrus. Rien...

Un éclair surgit de la nuit et un choc se répercuta à nouveau, dessinant une estafilade dans la plaque. Je poussai le battant et un corbeau s'engouffra dans la salle, apportant avec lui un froid surnaturel.

Refermant violemment la fenêtre, je dégainais une dague effilée. Le volatile me fixait calmement de ses yeux de rubis, perché sur une étagère, hors de ma portée. Il était énorme pour sa race, avec un plumage d'ébène indiquant un animal bien nourri... était-il apprivoisé ? Nul papier n'ornait ses pattes profilées avec des serres à l'aspect tranchant.


-Qu’es-tu ? murmurai-je. Le rapace se laissa glisser jusqu’au sol, où sous mes yeux surprise il devint un chat à la robe d’onyx.

-Je suis un animal, Urylindë Ainûlìndàlë, ça se voit.

J'étais surpris qu'il me nomme ainsi. En arrivant sur Nawakim, trente ans plus tôt, j'avais abandonné le nom d'Ainûlìndàlë pour le remplacer par Hyûmendacìl - qui signifiait Conquérant du Sud.

-Alors comment te nommes-tu ?

Il m’adressa un sourire félin qui me glaça, dévoilant des canines blanches et pointues.

-On m’a donné de nombreux noms. Mais celui que je veux entendre de ta bouche est Nirnaëth.

Nirnaëth. Les Larmes Innombrables en langue elfe…?!


-Quelles larmes m’apportes-du donc que je n’aies déjà versé, chat maudit ? Je pleure le sang de mon peuple qui s’écoule à chaque ère, que je tente de le sauver ou non.

-Tu oublies une chose, Urylindë Ainûlìndàlë ; les larmes se révèlent souvent un remède cristallin.

-Alors dis-moi lesquelles de ces perles salées guériront mes elfes.

-Tu le sais déjà.

-Seregon… murmurai-je.

Nirnaëth devint une panthère sombre, aux griffes acérées et à la gueule raffinée. Ces métamorphoses me stupéfiaient, mais l’heure n’était pas à la surprise. Même armé d’un simple couteau, je lui ouvrirai la gorge si cela suffisait à stopper l’épidémie torturant mon peuple.


-Seregon, oui. La Larme de la Mort.

-Dis-moi tout, Nirnaëth.

-Et pourquoi ? Qu’as-tu en échange ?

Je me raidis devant le ton insolent. Avisant les quelques centaines de livres de muscles souples me faisant face, je reconsidérai ma lame. Après tout, il semblait posséder, aussi chimérique qu’elle soit, une solution au fléau.

-Nous verrons plus tard, donc, si tu es si redoutable marchand. Dis-moi qui es-tu vraiment, Nirnaëth. Comment es-tu arrivé ici, et surtout pourquoi ?

La panthère rugit de rire.

-Sont-ce donc là tes questions, Conquérant du Sud ? Sont-ce vraiment les interrogations qui te viennent à l’esprit ?

-Quand bien même ce ne seraient pas celle-là, étanche ma curiosité.

-Soit ! Je ne te révèlerai que ce que tu as besoin de savoir. C'est-à-dire pas grand-chose… Je suis un évènement, une ombre qui rôde dans l’histoire. Un agent de Braoneg Pes, peut-être. Je n’ai pas – plus – de vie propre. J’agis selon le bon vouloir du destin, je répare les fils cassés ou je les renoue quand ils ne semblent pas vouloir suivre le motif qui leur a été imposé… comme toi, Urylindë Ainûlìndàlë.

-Te rends-tu compte de ces énormités, Nirnaëth ? Un agent de Braoneg Pes, rien que ça.

-Remercie-en le Dieu, Squale de Baal, me renvoya-t-il avec un sourire mielleux et ironique.

-Ne te moque ni de moi ni du Chasseur, maudit, ou tu pourrais le regretter, grondai-je en resserrant mes doigts sur la poignée de la dague. Son air redevint grave et sérieux.

-Nous verrons bien si tu si bon chasseur que cela, Urylindë. Je ne sus jamais si par cette phrase il avait mal interprété ma réponse, si c’était une simple interprétation faussée de ma part ou si carrément il se moquait encore de moi. Nous partons chasser une Déesse !

Le temps si figea. Le monde m’apparut gris et terne, noir ou blanc. Les lignes vibrèrent avec une intensité effroyable. Je me retrouvais soudain devant la gueule béante et enténébrée d’un tunnel sans fin. Juste devant… je sentais un souffle d’air froid et nauséabond en dépasser avec une furie vaincue, comme si un vent tempétueux fuyait ce corridor mortuaire.

Une voix s’en échappa, grave et rocailleuse.

Elle disait…


-Les couloirs du temps ont dit, Urylindë ! La chasse commence…

Aussitôt, je sus que les mots de Nirnaëth étaient justes. Nous allions devoir traquer le divin, au sens où les mortels l’entendent généralement. Même si j’ignorais encore comment…

Comme le monde redevenait normal, je me remémorais les enseignements d’un dramaturge de passage, quand j’avais été intéressé par ses pièces que je n’avais jamais vues à Naëramàrth l’Ancienne.

« La tragédie, Urylindë, c’est quand un héros se dresse face au divin, à des forces qui le dépassent, avec ses moyens de mortel. »

Mais étais-je un héros ? Incapable de sauver son peuple une première fois, le serai-je plus une seconde ?

« Dans la tragédie, le héros meurt à la fin. Car il s’est levé contre une force qui l’aura écrasé. »

Un simple agent de Branoeg Pes semblait capable de m’assassiner et de m’écharper de ses griffes… alors affronter son patron ?!

« La bataille est perdue d’avance. Ne l’oubliez jamais, sinon ce ne sera pas une bonne tragédie… »

J’éclatais d’un rire amer et cynique sous les yeux de la panthère, qui plissa le front, renforçant mon hilarité.


-Ca sera une bonne tragédie, Nirnaëth le Mystérieux ! Une très bonne tragédie !

Curieusement, un sourire étira ses babines roses.

-Je n’en doute pas, Urylindë le Fou. Oyez oyez, mes bons messieurs, veuillez applaudir les comédiens, le Squale de Baal et la Panthère de Branoeg Pes !

~

Saeros leva la tête vers la tour de la bibliothèque. Ce n’était pas ce rire étranger qui l’inquiétait, non. C’était le rire de son suzerain qui s’y joignait, ripant à ses oreilles d’une tristesse et d’une détermination poignantes.
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Urylindë Hyûmendacìl

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MessageSujet: Re: Une Bascule dans le Vide   Sam 7 Fév - 20:17

L'éclair déchira le ciel, accompagné d'un grondement fracassant. La pluie tomba en lourdes gouttes qui venaient se perdre dans la robe lisse de Nirnaëth, ombre parmi les ombres.

Les deux compagnons cheminaient à flanc de montagne, s'enfonçant dans l'Ouest des Monts de Tash Dara'. L'elfe peinait à gravir les rocs quand bien même il aurait préféré crever plutôt que de demander une pause au félin qui évoluait parmi les pierres comme un chevreuil, ses coussinets ne souffrant nullement des petits cailloux.

Au fond, Urylindë regrettait la présence de Saeros dans cette aventure. Mais non seulement Nirnaëth avait été clair quant au fait que personne ne devait les accompagner, mais en plus le roi de Cabed Naëramàrth ne voulait amener personne à la mort, son ami encore moins. A force de mots couverts, il avait peu à peu acquis la certitude que l'ennemi à affronter était beaucoup trop fort pour lui. Peut-être pourrait-il l'abattre s'il n'y avait que sa seule vie en jeu, ce qui ne serait pas vrai si une autre existence était en balance.

Il protégerait son peuple, quel que soit le prix à payer.


-Vois-tu cette grotte ? lâcha soudain la panthère qui cheminait devant l'elfe, mais qui venait de s'immobiliser. Son regard perçant était maintenant posé sur Urylindë.

-Où cela ?

Nirnaëth soupira et tendit une patte, indiquant une anfractuosité dans la roche. L'adorateur de Cylis plissa les yeux pour enfin distinguer entre le rideau de la bruine une ombre plus noire que les autres, avant d'acquiescer.

-Entre et fais un feu ; je te rejoins.

-Où vas-tu ?

La pluie crépitait sur le sol pierreux, produisant un vacarme supplémentaire à celui de la foudre lacérant la plaine en contrebas.

-Resserrer un fil, maugréa Nirnaëth avant de disparaître d'un bond dans la nuit.

Urylindë secoua la tête, mais gravit la montagne sur une vingtaine de mètres avant d'atteindre une plate-forme rocheuse. Il se dirigea ensuite vers la caverne et pénétra à l'intérieur.

Le bruit devint moins assourdissant, les ténèbres plus reposantes. Il entreprit de sortir un artefact que lui avait confié son maître des Gardiens, une sphère pâle qui se mit à luire doucement quand il la prit entre ses mains gelées et prononça :


-Thalion.

Il cala ensuite l'objet avec deux pierres et se leva pour inspecter son abri, qui se révéla plus grand que ce qu'il avait imaginé sous la pluie, depuis l'extérieur. En fait, l'endroit était même plutôt vaste. Il aperçut une ouverture au fond, menant plus loin dans la roche. Il s'en approcha, et en toucha un bord du bout des doigts.

-Non !

Urylindë sursauta et se retourna, découvrant Nirnaëth à l'entrée de la caverne, la fourrure luisante à la faible luminosité de l'artefact.

-Eloigne-toi. Puis, comme l'elfe obtempérait, trop fatigué pour discuter : T'aurais pas pu faire un vrai feu, à la place ? Ca réchauffe pas, ton truc.

-C'est la première fois que je t'entends te plaindre, répliqua Urylindë en souriant, ignorant la remarque.

-Ce sera pas la dernière, avec un compagnon de voyage comme toi, maugréa Nirnaëth en retour et en s'allongeant, la tête entre les pattes.

Le chasseur haussa les épaules et vint s'asseoir en tailleur, tentant de nier l'impression de froid et d'humidité. Dehors, quelques éclairs sporadiques griffaient encore la voûte sombre. Un vent se leva, dégageant quelques parcelles étoilées. Urylindë sourit.


-Tu ferais mieux de dormir. On a encore une longue route.

-Tu ne m'as toujours pas dit où on allait, lui rappela l'elfe. Nirnaëth grogna quelque chose comme "On en a déjà parlé". La scène l'aurait fait rire, tant elle ressemblait à une discussion dans un vieux couple, s'il n'avait pas eu si froid.

Quelques heures plus tôt, excédée par ses questions, la panthère lui avait extorqué la promesse de ne plus l'interroger jusqu'à demain, jour pendant lequel elle satisferait à ses inquiétudes - ou à une partie, du moins.

Voyant qu'il ne tirerait rien de son compagnon avant le matin, Urylindë tira une mince couverture de son paquetage et l'étala soigneusement, avant de s'y rouler en boule. Etrangement, c'était ainsi qu'il dormait, à chaque fois qu'il était dehors.

Essayant de faire fi de l'inégalité du sol de pierre sous son matelas improvisé, reposant ses membres lassés par la route, le roi se mit à songer à sa cité. D'autres elfes étaient-ils tombés malades ? Les patients étaient-ils morts ? Combien de larmes s'étaient écoulées depuis son départ ?

Le fléau s'abattait-il toujours sur son peuple ?

Une vague rage naquît dans son coeur, tandis que sans qu'il ne le voie, une lueur d'inquiétude faisait briller le regard de Nirnaëth. La panthère avait bien vu les yeux d'Urylindë prendre une teinte plus vermeille encore.


~

-Urylindë.

L'elfe marmonna inintelligiblement, remuant dans son sommeil.

-Réveille-toi, Roi Dormeur ! fit la voix, une nuance de rire dans le ton. L'elfe se leva en sursaut, les yeux agrandis par la surprise. Il regarda tout autour de lui mais ne vit personne ; Nirnaëth dormait, et ronflait peut-être - si tant est qu'une panthère pouvait ronfler.

-Il y a quelqu'un ? chuchota le roi.

-Oui, souffla en écho l'étrange personne.

Pris de curiosité, Urylindë se leva sans faire de bruit et, après un temps d'hésitation, se dirigea vers l'ouverture au fond de la caverne qui se profilait nettement. Il avait l'impression qu'elle l'appelait irrésistiblement.

De fait, elle lui rappelait l'énorme gueule béante de pierre dans son... rêve ? Et ce vent qui fuyait, qui s'échappait, juste avant que la voix ne tonne son signal prophétique.


-La chasse commence... murmura l'elfe.

Du bout de l'ongle, il suivit la courbe acérée de la roche, goûtant la légère peur qui s'emparait de lui. Puis, après avoir inspiré profondément, il passa la tête dans la fenêtre naturelle et s'y engagea.

Un tunnel noir, où il devait marché courbé. Un corridor ténébreux, où nul éclat ne se faisait voir. Il pensa avoir rêvé la voix. Aucun susurrement doucereux ne vint d'ailleurs le contredire.

Son coeur battit plus vite. La sueur perla à la racine de ses cheveux emmêlés. Avancer cassé en deux n'avait certes jamais favorisé un bon rythme cardiaque, mais la sensation de claustrophobie et d'étouffement n'étaient pas vraiment des facteurs de bien-être non plus.

Pour la première fois depuis qu'ils s'étaient rencontrés, il regretta la présence de Nirnaëth à ses côtés.

Moqueuse, acerbe, la panthère voyait pourtant mieux que lui dans le noir, et ses griffes étaient des couteaux tirés plus rapidement que l'elfe ne pourrait jamais le faire.


-Rejoins-nous, petit frère ! l'interpella soudain la voix, avec une netteté nouvelle. Il perçut aisément son interlocuteur comme étant une interlocutrice, ce qui ne le rassurait pas forcément.

Nous ? Combien étaient-ils ? Qui étaient-ils ?

Le roi poursuivait sa progression à tâtons. Il dégaina une dague et la fit tinter plusieurs fois contre le mur grêlé de pierre, s'en servant comme un aveugle pour s'assurer de ne pas rentrer dans un angle.

Soudain, il ne sentit plus rien sous la pointe de son arme.

Avec des gestes lents, il vérifia que le tunnel ne venait pas de bifurquer, et dû se rendre à l'évidence : il venait de débarquer dans une salle, aux dimensions assez grandes d'ailleurs pour qu'il puisse s'y redresser de toute sa taille. Bras levés, il ne touchait pas le plafond, ce qui n'avait rien de surprenant.


-Tu es enfin là.

Ce n'était qu'une constatation tranquille, satisfaite, comme si la mystérieuse personne n'en avait jamais douté.

-Qui êtes-vous ? lança l'elfe, assurant sa prise sur la poignée de sa dague.

-Tes cousins, Urylindë. Nous sommes ta famille !

-La seule famille que j'ai est soit délaissée derrière moi dans la plaine, soit en train de pourrir dans le sang et la ruine, rétorqua violemment le roi. Faites la lumière, que je voie à quoi vous ressemblez, et si la douceur de votre voix a d'égale celle de votre âme.

-Les apparences sont parfois trompeuses, Urylindë Ainûlìndàlë.

-Sur ce continent, je ne suis plus qu'Urylindë Hyûmendacìl, corrigea-t-il avec une pointe d'amertume. Maintenant, faites la lumière, ou je vous découperai dans les ténèbres !

Son ultimatum provoqua une foule de murmures, et l'elfe fut tenté de reculer devant la multitude. Pourtant, il n'y avait aucune hostilité dans les chuchotements, juste des questions.

-Est-il...
-Vraiment, cela ne...
-Et si...
-Soeur, il...
-Pourquoi un...
-L'aurait-il...
-Comment est...
-Urylindë.

Les frémissements cessèrent, moururent.

-Je suis là.

-Je vais faire de la lumière, celle que tu désires tant.

Aussitôt, le concert de souffles reprit, mais l'inconnue éleva la voix.

-Lumbar lhûn.

Un point scintillant, d'une intensité insoutenable, naquit à une hauteur d'environ un mètre. Il s'agrandit, et en même temps que sa taille augmentait, sa densité diminuait, tant et si bien qu'une fois le point devenu un globe de trente centimètres de diamètre, son acuité était devenue celle d'un halo lunaire.

Une créature était éclairée par cette lumière blafarde. Elle était petite, menue, avec, s'aperçut Urylindë, de fines ailes transparentes dans le dos. Elle était entièrement nue, et indéniablement de sexe féminin. Sa beauté était saisissante, tout comme le gris glacé de son regard quand il se posa sur Urylindë. Des yeux aveugles.


-Si belle... chuchota Urylindë.

La Fée hocha tristement la tête.


-Les apparences sont parfois trompeuses.

Une vive douleur déchira la cuisse du roi, qui poussa un cri étouffé.
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Urylindë Hyûmendacìl

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MessageSujet: Re: Une Bascule dans le Vide   Sam 7 Fév - 20:44

-Par Baal ! rugis l'elfe en égorgeant la créature qui venait de le mordre à la jambe.
La fée tomba au sol, un flot de sang cristallin se déversant de la plaie. Urylindë remarqua que c'était un mâle... il nota aussi les rangées de petites dents blanches comme de l'ivoire et pointues qui ornaient la bouche ensanglantée de la fée.


-Calme-toi.

-Comment pourrais-je me calmer ?! fulmina le Squale en fléchissant les genoux, lame tendue en avant. La rage palpitait en lui, maintenant qu'il était blessé. Il était armé, eux non. Un assaut serait suicidaire, mais si les créatures se lançaient à l'attaque, elles subiraient de lourdes pertes. Trop nombreuses pour que ça en vaille le coup, se surprit-il à espérer.

-Ce n'était pas de sa faute, murmura la Fée en baissant les yeux sur le petit corps.

-Non, c'était sans doute la mienne, ricana-t-il en retour.

-Exact.

...

-Tu te fous de moi, hein ?!!

Le roi fit un pas en avant, menaçant. Son esprit s'embrumait, d'une façon qui lui était étrangère et familière à la fois. Il se savait en danger, bien plus intimement qu'à cause de ces fées prédatrices. Mais quel péril le guettait, il n'aurait su le dire.

-Laisse-moi te raconter. Vous autres, disparaissez, ordonna la fée à ses congénères, qui s'éclipsèrent. Viens t'asseoir.

Urylindë sentit une note impérieuse dans la voix. Cette créature l'hypnotisait, à la manière d'une femme langoureuse attirant son amant entre ses bras. Des bras qui pouvaient le déchiqueter.

Il vint retrouver son interlocutrice en tailleur, la dague posée sur le genou.


-Nous n'avons pas toujours été ainsi...

-Ainsi comment ?

-Tels que tu nous vois, Roi Déchu...

Il passa outre le titre moqueur.

-Explique-toi !

-Tout comme la tienne, notre histoire est ancienne, et surtout bien plus triste encore... tu auras beau prétendre que nul malheur ne peut surpasser celui qui a décimé ton peuple, que nulle cruauté n'est plus savante, mais écoute donc celle-là !

Son regard se perdit dans des souvenirs qu'elle avait manifestement tenté de reléguer au néant, sans succès.

-Tout comme les tiens, nous habitions une île. Nous vivions dans les grottes, proies de personne et prédateurs d'aucun. Notre existence était paisible... nous buvions l'eau qui dégoulinait sur les parois rocheuses et dévorions les quelques champignons qui y poussaient. Notre vie perdurait dans ces ténèbres ruisselantes et paisibles. Mais un jour...

Elle serra son petit poing.

-Nous entendîmes un fracas épouvantable jusque dans nos demeures reculées. Ce n'était même pas celui des armes, des canons ou de la magie... c'était le choc de la Mort contre la Vie. Nous ne sûmes ce qui se passait, aussi prièrent-nous Bedo pour qu'il nous éclaire. Et nous vîmes.

-Que vîtes-vous ?

-Ton île.

Les deux mots frappèrent l'elfe comme un coup au plexus.

-Mon... île ? hoqueta-t-il.

-Les elfes dans un paysage cauchemardesque, fait de poussière rouge, se battant sous un ciel rouge, déversant des torrents rouges, succombant dans une mer rouge... nous vîmes tout cela. Mais pire encore ! L'océan que vous déversiez, cette masse de sang... coula, coula, et coula de plus belle ! Vous fîtes sourdre le sang de la terre, de l'île entière avec vos massacres et vos carnages ! Le sol n'arrivait plus à boire tout cela... alors il le recracha. Dans la mer !

L'énormité de ce discours abasourdit le Roi de Naëramàrth, qui écoutait sans réagir.

-Toutes ces batailles polluèrent l'eau, et bientôt ce furent des gouttes pourpres qui luisirent dans nos grottes ! Au début nous l’absorbâmes sans guère de circonspection, mais nous nous aperçûmes que cela devenait une drogue... les champignons étaient gorgés de sang jusque dans leurs plus fins filaments ! Nous nous nourrissions de sang, ni plus ni moins. Nos amis qui n'avaient pas encore goûté cette saveur impie tentèrent de nous stopper mais, saisis par la rage, nous les égorgeâmes sauvagement pour les vider de leur sang. Plus nous en buvions, plus nous en avions besoin.

-Que...

-Tais-toi ! Tais-toi donc ! hurla la fée. Toi et ta vengeance, vous nous avez empoisonnés ! Tu as créé une guerre civile au sein même de ton peuple, mais aussi au sein du mien ! Non content d'anéantir tes sujets et ceux des orcs, tu as aussi semé la mort parmi les miens ! Si tu as perdu ton peuple, c'était de ta faute ! Moi, j'ai perdu le mien par la tienne !

Elle se leva, dépassant à peine l'elfe assis. Son visage se déformait par la haine.

-Tu nous as condamné à cette vie de damné !!!!!!

Le mot se répercuta parmi les murs de roc.

DAMNÉ ! DAMNÉ ! Damné ! Damné ! Damné... Damné...

La culpabilité s'abattit sur Urylindë comme un marteau fracassant. Non seulement il avait détruit sa race, mais aussi celle de ce peuple qu'il devinait pur et simple. Sa faute était incommensurable. Non... immesurable. Absolue.

Lentement, il porta la lame à sa gorge.
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Urylindë Hyûmendacìl

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MessageSujet: Re: Une Bascule dans le Vide   Dim 8 Fév - 13:31

-Que fais-tu ? s'enquit calmement la fée en voyant l'elfe appuyer la dague sur sa jugulaire. Urylindë ressentait à nouveau le baiser froid de l'acier sur sa chair, ce contact doucereux et traître.

-Je...

-Tu crois que c'est en te suicidant que nous obtiendrons justice ? Tu le crois vraiment ?

-Que puis-je faire d'autre ? se lamenta-t-il, amer. Ce qui vous arrive n'est pas digne d'un elfe.

-Non, tu as raison. Et ce que je décide pour toi n'est pas digne d'un fée non plus, mais puis-je dire en être encore une ? rétorqua-t-elle avec un sourire qui découvrit ses minuscules crocs.

-Urylindë !

L'adorateur de Baal se leva précipitamment, comme Nirnaëth déboulait dans la caverne, blême.

-Qu'est-ce que tu fais là ?! Je t'avais défendu de passer par le trou ! reprit-il en pointant son compagnon d'un doigt accusateur.

-Le... l'appel...

-Quel appel ?

-Le mien.

Ils se tournèrent tous deux vers la fée, dont le visage s'était assombri quand Nirnaëth avait surgi.

-Urylindë, commença lentement le fidèle de Branoeg Pes, sais-tu ce que sont ces monstres ?

-Oui. Elle m'en a fait part.

-Alors que faisais-tu assis à côté d'elle ?!

-Il vient payer sa dette... susurra la fée, et rien ne pourra l'en empêcher. Pas même toi !

-C'est ce qu'on va voir, grogna-t-il.

La panthère découvrit des crocs impressionnants dans un grondement puissant venu du poitrail, et bondit pour séparer l'elfe de son interlocutrice.


-Il n'a pas à être tenu responsable de votre vie !

-Qui d'autre, alors ? C'est lui qui a inondé de sang notre caverne !

-Un jour tu apprendras que le mal réside dans une succession d'actes et de gens, non en une entité unique, cracha la panthère avec mépris.

-Ici nous sommes tous maléfiques, lui, moi et toi.

-Moi ? releva Nirnaëth. La conversation s'était insensiblement déplacée de l'elfe à la panthère.

-Oui, toi... réfléchis ! Quel mal insidieux t'a poussé à venir jusque dans notre antre ?

-A la porte de votre antre... corrigea-t-il en grommelant.

-Aurais-tu était sensible à notre appel ? Recèles-tu une noirceur que tu te caches ?

-Un instant ! intervint Urylindë. Seul un être mauvais pouvait vous entendre ?

-Oui.

Ce fut comme si un poids colossal venait de s'abattre sur les épaules de l'elfe. Cela faisait un moment qu'il hésitait, se demandant s'il avait vraiment fait quelque chose de mal, au lieu de simplement défendre son peuple.
Maintenant, c'était incontestable. Il se souvenait clairement de la voix de la fée résonnant dans sa tête. Si clairement qu'il en tremblait.


-Je vois...

-Urylindë.

La voix grave de la panthère claqua comme un fouet.

-Ne l'écoute pas. Que tu sois bon ou mauvais, le destin attend beaucoup de toi.

-Le destin peut aller se faire foutre ! rugit l'elfe. Si c'est le destin qui m'a amené à la chute de Naëramàrth, si c'est le destin qui a presque annihilé mes sujets, si c'est le destin qui...!

Il fit une pause, haletant.

-Alors le destin ne vaut pas qu'on se batte pour lui.

Ce fut au tour de Nirnaëth de se figer, ébranlé. La fée rit.

-Bien parlé, Roi ! Nous sommes arrivés à cette conclusion il y a trente ans de cela...

-Urylindë ! supplia une nouvelle fois le fidèle de Branoeg Pes. Tu te fourvoies !

-Non, Nirnaëth, répliqua doucement l'elfe. Plus maintenant.

Soudain, il sentit une douleur terrible le secouer, comme si sa peau s'enflammait d'un feu invisible. Son sang se mit à se glacer dans ses veines, gelant ses organes et retirant toute chaleur de son être alors qu'il se calcinait dans le même temps.

Le Squale poussa un hurlement terrible avant de s'effondrer, perdant conscience.
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