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 La porte des Enfers (l'autre version de l'histoire)

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Salaha

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MessageSujet: La porte des Enfers (l'autre version de l'histoire)   Ven 26 Nov - 16:58

Le temps apporte chaque jour son lot d'incertain...



Depuis son retour en la belle Dakim, la drow s'appliquait à accomplir la tâche qui lui avait été confiée. "Œuvre pour le bien, fais pencher la balance de l'autre côté et ton âme te sera rendue", lui avait soufflé l'esclave. Elle regrettait encore de n'avoir pu le sauver. Le message restait vague, trop à son goût. Elle s'était dressée contre Lolth. Elle avait affronté la sombre déesse. La fiole demeurait fermée.

Si seulement il avait vécu quelques instants de plus…

"Il existe bien des façons de faire le bien… Parcours ces terres et aide ceux que tu trouveras dans le besoin. Alors tes torts passés te seront pardonnés", lui avait dit un prêtre. Elle avait exploré l'île du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest, accomplissant toutes les tâches qui lui avaient été confiées. Le bouchon n'avait point bougé.

Tant de bonnes actions… et toujours rien…

"Guide le peuple vers l'avenir, offre lui la félicité et pour le bien fait, tu trouveras la paix de l'âme." Tels avaient été les mots du vieil ermite. Elle avait alors repris la présidence de Dakim. Elle veillait de son mieux sur la population. Les impôts n'avaient jamais été aussi bas, les subventions aussi élevées, et les coffres de l'île ne désemplissaient point. Aucun progrès ne s'annonçait.

Ermite ou vieux fou… c'est à se demander.

Maintenant, elle faisait les cents pas dans sa bibliothèque.

Il doit bien y avoir un moyen !

La lourde porte grinça alors. Zippo s'avança, la mine déconfite.

Votre Froideur… Votre Froideur…

Il tremblait de tout son long, les yeux exorbités de terreur.

Oula… Que t'arrive-t-il mon vieil ami ? Prends donc un siège et le temps de respirer, après quoi tu pourras me conter tes malheurs.

L'elfe décharné ravala sa salive et s'assit.

C'est affreux… votre Froideur… le bruit court que… ils vont l'ouvrir…oui… ils vont l'ouvrir…

Ouvrir quoi ?

La pppp…po…po…porte… la porte des enfers.

Quoi !?

La drow fixait son intendant, incrédule.

Il me semblait pourtant les adeptes de Baal disparus de nos terres.

Non… pas les adeptes…
On dit en ville que des seigneurs apportent à Baal des offrandes pour qu'il ouvre les portes. Ils sont nombreux très nombreux...

Mais qui ?

Le bruit court que Dames Gizaos et Diabloca sont à leur tête.

Non… Comment serait-ce possible ?

Elle devait en avoir le cœur net. Sans perdre plus de temps, elle sella son blanc destrier et s'élança au triple galop vers le Nord. Elle connaissait la route pour l'avoir jadis empruntée. Elle se souvenait encore du jour où Bélialis l'avait conduite là. La démone pensait alors libérer ses frères, elle n'en eut point la force pourtant. Seul Baal avait ce pouvoir là. Elle se souvenait encore de l'inscription…

Citation :
"Cette porte est close et le demeurera jusqu'au jour où l'or en Enfer coulera. Alors, fort de votre offrande, Baal se lèvera et en ces royaumes reviendra."

Elle arrivait en vue des monts nordiques. La porte se trouvait là, creusée dans la roche, elle ne le savait que trop. Ne sachant à quoi s'attendre, elle contourna la montagne et emprunta le vieux sentier. Jadis utilisé par les gardiens, il avait depuis longtemps été oublié de tous. La démone le lui avait montré. "C'est de là qu'ils guettaient la porte attendant notre sortie. Quelle ne fut pas leur surprise de nous trouver en leur dos au moment de la libération. Humains stupides !" Son rire résonnait encore en l'esprit de la drow alors qu'elle escaladait les derniers rochers.

Elle était arrivée. De là, elle avait une vue plongeante sur la gorge abritant la porte. De là, rien ne pouvait lui échapper… elle eu du mal à croire ce qu'elle vit pourtant. Des silhouettes allaient et venaient devant la porte, les bras chargés d'or. Les seigneurs déposaient des fortunes devant…

Baal… pourquoi faut-il que les démons aient la peau si dure…

Toutefois le plus incroyable n'était pas la présence du porc, pas plus que celles d'offrandes. De tout temps, Il avait trouvé serviteurs. Ce qui stupéfia la drow fut l'attitude des seigneurs présents. Ils ne prenaient pas même la peine de se cacher… bien au contraire, ils s'affichaient. Et ils étaient nombreux… trop nombreux.

Le temps apporte chaque jour son lot d'incertain... qui aurait pu prédire cela ?

Elle resta un temps à observer, comme pour se persuader qu'elle ne rêvait pas.

Ils sont tous devenus fous… il faut les arrêter avant qu'il ne soit trop tard.

Il lui avait fallu plus d'un siècle pour enfermer derrière cette maudite porte la dernière démone à en être sortie. Et voilà que moins d'un an après sa mince victoire tout allait recommencer.

Non… pas si près du but.

Détournant son regard du pathétique spectacle, elle alla s'assoir plus loin sur un rocher. Elle avait besoin de réfléchir. Elle devait trouver le moyen de les résonner, d'empêcher l'ouverture de la porte, ou ce siècle de lutte n'aurait servi à rien.
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Jax

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MessageSujet: Re: La porte des Enfers (l'autre version de l'histoire)   Dim 12 Déc - 2:27

Dégoulinant d'une vie incertaine, condamné errant à la froidure des temps, moribond d'un jour chancelant, d'une pierre gravit, il se hisse en l'anfractuosité d'une niche oubliée.

Silencieuse comme la mort, guettant cette proie providentielle, la légendaire et sinistre meute d'élite de tigres-garous le suivait en contrebas; voilà bien des jours qu'ils n'avaient goûté la chair humaine, une bave écumante maculait la terre en leur morbide avancée.
Toujours plus proches ils étaient, une faim dévorante les guidant vers l'inéluctable. Le chef de meute huma la trace, ses crocs se dessinèrent, se préparant à lancer l'ordre implacable quand, soudainement, le ciel s'obscurcit et la terre se mit à trembler légèrement.


Dis P'pa, j'peux venir aussi. Et le gros corps reptilien d'un dragounet bedonnant essaya de se faufiler en une étroite venelle, y pressant l'extrémité d'une narine fumante.

L'ombre d'un rôdeur se figea, essayant de se rappeler.

Un rocher roula de la falaise, libérant une seconde narine frémissante. Un jappement se fit entendre en contrebas.


J'sais P'pa que le vieil homme en blanc avait dit que tu as été rappelé contre ton gré et que l'essentiel est resté en la Lumière des abysses mais c'est bien toi, hein?

A force de se contorsionner, une seconde narine arriva à se frayer un passage, emportant avec elle un morceau de la falaise. Des hurlements de détresse résonnèrent.

Oui, il est là, on a rappelé de lui ce qu'il fallait à sa mission mais lui demander de reconnaitre ce monde, non, là s'en était trop.


Oh puis Zut, c'est moi, je t'ai assez cherché pendant des mois alors maintenant, je viens. Et les deux flancs du corridors connurent un craquement sourd avant de finir en un éboulement infernal.


Un seul survivant revint au camp des tigres-garous et confia la défaite. Aussitôt fut décidée la levée de l'armée des tigres-garous contre "le gros lézard machiavélique".



Il ne restait plus de la montagne qu'un éperon escarpé où se tenait l'ombre d'un rôdeur et un dragounet qui n'avait de place qu'en se tenant sur la pointe des griffes et en rentrant son "petit" ventre.

Voyant les dégâts, le rôdeur esquissa un léger sourire,
oui, ma catastrophe sur pattes, je me souviens de toi.

Alors dis P'pa, on va faire quoi ? Il se dandinait sur place, trop heureux que son P'pa le reconnaisse enfin après des mois d'absence.


Le rôdeur fixait au loin le scintillement de la porte des enfers. Des seigneurs s'affairaient à amasser offrandes d'or et de bijoux... Curieux, vraiment curieux...


Devant le mutisme de son P'pa et le grognement de son ventre, il s'excusa puis s'envola en quête de quelques géants des glaces.



A quelques lieues de là, les tambours résonnaient. La plus fantastique armée de tigres-garous était en train de se rassembler. L'heure de laver l'affront par le sang était venue.







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Salaha

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MessageSujet: Re: La porte des Enfers (l'autre version de l'histoire)   Lun 10 Jan - 21:34

Assise là au bord du gouffre, la drow méditait. Détournant son regard du pathétique flot de serviteurs de Baal, elle cherchait en son cœur inerte une raison de lutter. Son esprit vagabonda ainsi en un passé lointain où la paix régnait encore en ces terres paisibles. En ces temps oubliés, elle avait connu un bonheur éphémère, un lien qui la liait à jamais à cette île aujourd'hui maudite. Le démon grondait sous terre, et tous ces fous s'apprêtaient à le libérer. Pouvait-elle seulement les en empêcher ? Le souhaitait-elle vraiment ? Plus que jamais un doute hantait son être. Un frisson la parcourut, quand en un tremblement la terre lui donna réponse. Rappelée de ses pensées en un monde plus concret, elle s'approcha à nouveau du précipice pour jeter un œil à la porte.

Loin de diminuer, le nombre de fidèles allait croissant. Le tas de pièces ne cessait de grimper.


N'y a-t-il plus de dieu en ces terres pour protéger les fous de leur naïveté ?

Pour tout écho, un rocher vint à tomber du mont voisin pour se fracasser sur la montagne d'or. Pourtant la file de serviteurs ne réagit point et poursuivit sa tâche.

Fous... ou possédés... c'est à se demander.
Peut-être un exorcisme... une potion de vérité...
Peut-être, existe-t-il un moyen de les ramener à la réalité...

Elle se mit alors à faire les cent pas, enfermée en un cercle de réflexion, creusant sa mémoire.

Tous ses livres... ses manuscrits... tant de lecture doit bien abriter réponse à ce problème.

La terre trembla à nouveau suivie de près par non point un mais deux éboulements.

Mauvais signe que tout cela...
Le temps nous manquerait-il à ce point ?

Une fois encore ses pas la menèrent près du gouffre. Mais alors qu'elle tentait dévaluer la somme accumulée, une ombre incertaine vint la survoler. En un soupir, la drow se détourna de la vision tragique, pour reprendre le petit sentier et vers son domaine s'en retourner.

Si seulement je pouvais les raisonner...

Ainsi, bien loin de là, des jours durant la Sans-Âme se fit prophète et tenta par bien des façons de détourner de Baal le troupeau de moutons égarés. Pourtant, le temps passant, le flot de richesses s'amplifia. Dans les limbes infernales, les suppôts jubilaient déjà. Bientôt la porte s'ouvrirait et sur le monde se déverseraient les fléaux si longtemps enfermés.
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MessageSujet: Re: La porte des Enfers (l'autre version de l'histoire)   Mer 12 Jan - 3:22

Des jours durant, la fantastique armée des tigres-garous pista le " Gros Lézard ", ces quadrumanes féroces exhalaient la soif insatiable d’une bestiale vengeance. Des plaines désertiques de Lama aux monts enneigées de Rim, ils étaient là, à quelques pas de leur proie mais, ironie du sort, jamais n’arrivaient à la rattraper, L’Ophidien Replet demeurait insaisissable.
Le nadir en était à son sous bassement quand les éclaireurs sortirent du layon bordant les Gorges de la Désolation, une gangue vespérale les suivait telle la Camarde réclamant son dû.
Les turbides ne prirent un instant avant de plonger en la tente de commandement, relevant le rideau royal et se présentant devant le conseil de guerre.

Etaient présents tous les membres du conseil restreint. Garou, le roi des tigres-garous, ancien aède à la voix enrouée ; Esméralda la tigresse-garoute, favorite en chef et grande prêtresse du " Gare au Grand Garou " ; Poil de Carotte, l’intendant gandin du roi ; Ô Poil, le maître-tacticien, enfin, Poil à Gratter, animiste et préparateur des potions de sa seigneurie.

D’un œil torve, Garou dévisagea les éclaireurs :

- Par la géhenne, dites et contentez-moi ou soyez témoins de ma létale colère !

L’acrimonie du discours prit les ancillaires de surprise et c’est aphasiques qu’ils s’exprimèrent :

Ô Grand Garou, notre maître, la gibbeuse éclaire notre route et en la finalité nous voilà arrivés, le " Gros Lézard " est passé par une grande porte cachée au cœur des Gorges de la Désolation.

Esméralda se réjouit de la nouvelle et lissa sa longue queue soigneusement peignée en signe de contentement.

Ô poil, toujours méfiant, les questionna :
Êtes-vous certain, l’avez-vous vu franchir cette porte ?

Les éclaireurs, sujets à un trille léger se regardèrent puis prononcèrent d’une même voix :

- Oui, Grand Tacticien, entré il est, sortir, jamais nous ne le laisserons. Et ils se frappèrent le poitrail.

Tous alors se levèrent, on sonna l’ordre de rassemblement et quelques instants plus tard, l’énorme armée s’aventura au cœur des montagnes puis, lentement, franchit la porte rayonnante, ne prêtant guère attention aux bruyants ronflements d’un nain qui dormait à ses pieds.



Quelques heures plus tard au sein de Pandémonium.

Oui Méphisto, tous nos rapports se rejoignent, ces malheureux seigneurs ont osé ouvrir la porte et se sont lancés en nos terres vers…. vers leur fin.
Un rictus décharné vint enlaidir un peu plus le visage d’un des vingt-quatre sitoires.

Méphisto aussi souriait, enfin, il allait pouvoir gouverner en la géhenne et son pendant.


- Et à combien de dizaines de seigneurs avons-nous à faire, à quoi ressemblent-ils ? Demanda t-il rogue au Sitoire prescient.

- Mon maître, je dois vous avouer que nous avons été très décontenancés par leur nombre et leur apparence, les chroniques ne nous avaient pas préparé à cela.

- Comment ? Que dis-tu ? Oserais-tu dire qu’ils résisteraient à mes légions !


- Et bien, et il se fit tout petit, nous nous attendions tout au plus une attaque d’une centaine d’elfes, humains, orcs, nains et morts-vivants mais ils sont bizarres ces elfes, humains, orcs, nains et morts vivants.

- Explique-toi ! Ordonna Méphisto visiblement fort éméché.

- Euh.. votre Grandeur, disons qu’ils ne ressemblent pas ce qu’on nous avait enseigné, ceux là ils ont la taille d’un grand orc et la pilosité d’un nain et, au lieu de combattre avec des armes que nous aurions maudit, ils sont munis de griffes et de crocs comme Croc-Croc, votre cerbère adoré.

Méphisto fit apparaitre un fauteuil et s’y cala.


- Et cette centaine de choses me résistent ?


Le Sitoire chercha une issue mais, n’en trouvant aucune, se fit encore plus petit et poursuivit.


- Ils ne sont pas juste une centaine mais plusieurs dizaines de milliers et…

Une fumée ocre remplaça feu le Sitoire.

Méphisto projeta son esprit jusqu’au campement de cette armée de seigneurs poilus, essayant d’en comprendre le pourquoi.
Il en ressortit encore plus irrité qu’avant, que pouvaient bien signifier que ces arcanes que grognaient sans arrêt les seigneurs poilus.


" Sus au Dieu Gros Lézard et gloire aux tigres-garous ! "




Quelques instants plus tôt, en enfer, au campement des tigres-garous. Les rapports se succédaient eux aussi.


- Grand Garou, nous avons enfoncé les premières lignes de l’armée du " Gros Lézard " mais il semble en avoir encore beaucoup, devons-nous continuer ?
- Moi, reculer, jamais ! Doublez nos assauts et qu’on le force à sortir de sa cachette.


Se tournant alors vers Poil à Gratter.


- Notre animiste pourrait-il expliquer pourquoi le " Gros Lézard " a une telle démoniaque valetaille pour le protéger ?

Poil à Gratter se passa une griffe dans sa barbe.

- Il semblerait que le "Gros Lézard" soit un dieu des enfers, ce qui expliquerait la facilité avec laquelle il vainquit notre horde d’élite. En effet, bien des divinités trouvent hôte en une créature. Alors que sur les terres de Nawakim, c’est en un gros toutou que s’est incarné le Dieu Saluki, ici, en enfer, c’est en un "Gros Lézard", chaque plan semblant avoir ses préférences.

Garou médita les sages paroles de l'animiste et en tira le linéament de sa gloire future, l’ubris s’empara alors de son être et il grogna :

" Sus au Dieu Gros Lézard et gloire aux tigres-garous ! "

Grognement relayé par toutes ses troupes qui devint le cri de guerre officiel des tigres-garous en cette infernale bataille.


Pendant ce temps, en haut d’une falaise, au dessus d’une certaine porte, un " Gros Lézard " finissait son dîner, rêvant de géants des glaces.
Les étoiles scintillaient, il était heureux… il finit par s’endormir en un soupir de contentement.









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MessageSujet: Re: La porte des Enfers (l'autre version de l'histoire)   Mer 12 Jan - 16:45

En un domaine déserté, un elfe décharné s'affairait à nourrir bovins et moutons. En ce quotidien placide, Zippo en venait même à trouver plaisir. La joie d'une vie paisible loin de tout danger. Pourtant, la menace grondait. Dans le Nord de l'île, une porte bien réelle était sur le point de bouleverser à jamais cette tranquillité. Sa besogne accomplie, il s'avança sur le vieux chemin de pierres en direction du noir château.

Il n'avait pas fait deux pas quand la terre trembla, le plongeant en une stupeur non feinte. Le temps autour de lui sembla alors s'arrêter sous la froide rumeur venue du Nord. Un vent glacial soufflait, seul mouvement en un monde soudain immobile. En sa clameur le murmure annonçait l'événement tant redouté. Plusieurs minutes durant, tous restèrent tétanisés sous le courroux des démons réveillés.

Puis le vent se tut. Le calme revint. La vie reprit doucement son court. Zippo retrouva l'usage de ses membres et tel un enfant apprenant à marcher reprit la route du château. Il trébucha à deux reprises avant de retrouver pleine mesure de son habileté à se déplacer. Alors qu'il affirmait enfin sa position, un cheval au grand galop vint le faucher sur son passage, le projetant à nouveau sur son derrière osseux.


Aïe...

En un buisson épineux se redressant, le pauvre bougre ne put que distinguer l'arrière train de l'étalon blanc et la cape noire flottant aux quatre vents. Sa Froideur était en chasse, nul doute la dessus.

*****

Du Nord parvenait le murmure de chants guerriers. Une armée s'était visiblement levée. Était-ce celle du démon qui déversait son flot par la porte béante ? Ou une tentative désespérée de seigneurs enfin lucides ? Peu importait, elle en jugerait en temps voulu.

Sa torpeur passée, la drow n'avait point perdu de temps. Il n'était plus question maintenant de réfléchir ou chercher à retarder l'inévitable. Non, elle en était certaine, le mal était déjà fait. Le vent de terreur qui soufflait un peu plus tôt ne trompait point, Baal était finalement arrivé à ses fins. Il fallait agir. Son fidèle destrier, déjà sellé, attendait en la cour du château. Elle avait tout juste attrapé un arc et, sans guère plus d'équipement, avait lancé sa monture au galop en direction du Nord.


Ils auront finalement réussi... nous voilà bien avancés maintenant. Plus vite mon ami, les démons, eux, n'attendront pas !

Quand elle arriva enfin en vue des portes, elle força encore l'allure. Sans détour, elle s'enfonça cette fois dans le gouffre où régnait une pagaille peu commune. Quelques seigneurs endormis se tenaient encore près de la porte, d'autres s'y faufilaient d'un pas hésitant. Le tas d'or avait disparu, remplacé par les cadavres d'êtres de toutes races.

Voilà la récompense de Baal à ses serviteurs.

Elle posa pied à terre, et caressant l'encolure de son cheval lui murmura à l'oreille.

Attends moi là. Il suffit que l'un de nous risque sa vie à combattre la folie.

Elle saisit son arc et franchit la porte sans la moindre hésitation. L'heure était au combat point à la précaution.

*****

La porte n'en était point vraiment une finalement. Il s'agissait plus d'un passage, une arche de magie téléportant les impudents en un univers étrange.

C'est donc à cela que ressemble l'Enfer...

Un frisson la parcourut à la mémoire de celle qui résidait non loin. Elle déglutit, se ressaisit, et s'avança dans la caverne rougeoyante. Point de porte en vue, pour sortir il faudrait trouver un autre moyen. Des noirceurs de la grotte s'élevait un vacarme bien étrange, mélange de cris de guerre et de douleur, de hurlements, grognements, sifflements... et bien d'autres bruits encore tant animal que démoniaque. Une bataille devait faire rage ici bas. La drow pensa alors que les seigneurs sortis de leur envoutement avaient enfin reconnu leur erreur et s'étaient jetés à l'assaut des enfers pour la réparer. Pourtant, les voix qu'elle entendait n'étaient pas celles d'humains, d'elfes, de nains, ou orcs... ni même celles de morts-vivants. Non, on aurait plutôt dit...

Des tigres-garous !?

La scène qui se jouait devant ses yeux ahuris était plus troublante encore que le lieu où elle se déroulait. Une armée de tigres-garous semblait aux prises avec une armée de monstres. Mais ce n'étaient point là des monstres ordinaires, non, ceux-là avaient les yeux rouges de rage, et le teint noirci par les ténèbres qui les habitaient. Un instant elle se demanda qui elle devait aider.

Et puis pourquoi pas...

Elle banda son arc et décocha une flèche qui vint occire un aigle guerrier infernal. Sans attendre, elle porta la main à son carquois pour saisir la suivante, quand un ricanement se fit entendre. Juste derrière elle, une ombre apparut. La drow reconnut le visage si souvent gravé en ses ouvrages.

Jan Klutte...

Le suppôt lui sourit et s'enfonça dans l'ombre.

La chasse est ouverte !

Et elle chassa. Combien de temps il serait difficile de le dire. Tempus lui-même n'avait pas d'emprise en ces lieux. Elle poursuivit Jan et le tua avec une facilité déconcertante. Elle trouva alors sa sœur Britt et lui réserva le même sort.

Quand les Darckness apparurent, la drow fut saisie d'un doute. Aurait-elle la force de lutter contre eux ? Et si elle tombait sur celle qu'elle redoutait tant ?

Trop tard pour reculer.

Elle se jeta sur Satan, puis Astaroth, et son arc lui donna raison. Les deux frères achevés, elle en traqua un troisième. Alors qu'elle achevait Néphisto sans grandes difficultés, son bras vint à faiblir. La fatigue la rattrapait.

Non... je dois continuer...

Elle tomba à genoux, épuisée par tant d'efforts. Et, alors qu'un Diablo se jetait sur elle, elle trouva la porte de sortie.

*****

En un cimetière de Dakim, une certaine drow ouvrait les yeux se demandant si elle avait rêvé. Une armée de Tigres-Garous était-elle venue aider les Nawakimiens à lutter contre les démons ? Mais surtout pouvait-on vraiment occire cinq suppôts et en sortir sans la moindre égratignure ?

Quand elle retourna à la porte le lendemain, elle la trouva fermée. Seuls le sang sur le seuil et l'or disparu corroboraient ses souvenirs. Le calme semblait revenu... pourtant au fond d'elle, elle sentait que la guerre infernale ne faisait que commencer.






"Pour ceux qui douteraient des faits...":
 
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